JOURNÉE INTERNATIONALE DES MIGRANTS

Le changement climatique provoque et accélère les déplacements forcés des personnes vulnérables

Le 18 décembre, c’est la Journée mondiale des Migrants, des personnes qui quittent leur foyer pour plusieurs facteurs, volontairement ou sans en avoir le choix. Pauvreté extrême, conflits, catastrophes naturelles, les facteurs sont multiples. Notre ONG pointe l’urgence et appelle les États à accélérer leurs actions en faveur des déplacés forcés à cause des conséquences du dérèglement climatique. En 2020, ils sont plus de 30 millions, soit les trois-quarts des migrants !

« La crise climatique est à venir. » La phrase revient régulièrement au cours de débats télévisés. Dans la réalité de notre époque, elle sévit déjà durement et fait des ravages. Pour preuve, l’ONU estime que les catastrophes liées au climat ont provoqué 21,5 millions de déplacements forcés supplémentaires chaque année depuis dix ans ! C’est deux fois plus que les conflits et les violences.  

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Comme ici au Soudan en 2020, le dérèglement climatique provoque de véritables désastres, contraignant les populations touchées à quitter leurs terres

Le changement climatique augmente le risque de catastrophes, donc de déplacements

Les chiffres de 2020 sont éloquents. Additionnés, les conflits et les catastrophes naturelles ont contraints 40,5 millions de personnes* à se déplacer dans leur propre pays, bien souvent du jour en lendemain, abandonnant tout derrière elles, famille, maison, emploi, etc. Parmi elles, elles sont 30,7 millions à avoir été victimes de catastrophes naturelles, soit les trois-quarts ! Du jamais vu…
*Source : IDMC

Ces personnes sont extrêmement fragilisées. Elles n’ont pas les moyens ni de se préparer ni de s’adapter aux désastres liés au dérèglement climatique, qui arrivent sans prévenir et accentuent donc les risques de fuite contrainte. Déjà vulnérables, les populations touchées voient leur situation se dégrader davantage lors de ces déplacements.

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Dans le monde, comme ici en Indonésie, des millions de personnes doivent quitter leur foyer du jour au lendemain en raison du changement climatique, le SIF agit

Le SIF développe de nombreux projets humanitaires pour les déplacés forcés

Sur le terrain, le Secours Islamique France (SIF) agit en leur faveur. Les équipes de notre ONG de solidarité internationale développent de nombreux projets humanitaires. C’est le cas, par exemple, à Madagascar (projet Vonona) ou en Somalie, où le SIF aide notamment les populations à mieux se préparer face aux catastrophes naturelles.

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Le projet Vonona, axé sur la prévention et la gestion des risques de catastrophe naturelle et l’adaptation, est mené par un consortium de 7 ONG majeures, dont le SIF

Autre initiative, nous menons au Pakistan un projet de réduction des risques et d’adaptation aux effets du changement climatique, une problématique qui nous préoccupe particulièrement. C’est pourquoi nous multiplions les actions concrètes, tels que le forage de puits d’eau potable dans des camps de déplacés en Somalie ou au Nigéria, des distributions alimentaires d’urgence et de la mise à l’abri à Haïti, des actions autour d’une agriculture plus écoresponsable et adaptée à la nouvelle donne en Palestine et à Madagascar, etc.

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Au cœur de camps de déplacés surpeuplés, les équipes du SIF évaluent les besoins et apportent du soutien aux personnes déplacés forcées, conséquence de la crise climatique

216 millions de personnes menacées de déplacement d’ici 2050.

Ces actions que nous mettons en place au plus près des personnes qui ont dû quitter leur foyer pour survivre nous permettent de témoigner des graves conséquences du dérèglement climatique. A l’occasion de la Journée internationale des migrants du 18 décembre 2021, le SIF tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme :  

En l'absence de mesures immédiates pour lutter contre le changement climatique, d'ici 2050, 216 millions de personnes** pourraient être contraintes de se déplacer à l'intérieur de leur propre pays. En cause, l'élévation du niveau de la mer, la pénurie d'eau et la baisse de la productivité des cultures.

***Source : Banque mondiale

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En Somalie, le SIF mène des actions pour aider les personnes touchées par les catastrophes naturelles, qui ont tout perdu

Le SIF appelle les Etats à accélérer leurs actions

L’urgence est bien réelle ! Pour le , et notamment son service de plaidoyer, de nombreuses actions doivent être mise en œuvre afin de minimiser les risques de déplacements forcés futurs, ainsi que porter assistance aux personnes qui sont impactées et contraintes de se déplacer :

  • Assurer la mise en œuvre de l'objectif de température de l'Accord de Paris, qui est de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Les Etats doivent accroitre leurs ambitions en rehaussant dès 2022 leurs contributions déterminées au niveau nationales (CDN***), conformément aux conclusions de la COP26 de novembre 2021. Ces engagements doivent s’accompagner de stratégies de long terme afin d’assurer la mise en œuvre de ses promesses.

*** Efforts déployés par chaque pays pour réduire ses émissions nationales et s’adapter aux effets du changement climatique

  • Maintenir les enjeux de mobilité humaine au centre des négociations climatiques, notamment dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUUCC).

Les Etats doivent soutenir les travaux de la Task Force sur les déplacements au sein du Comité Exécutif du Mécanisme de Varsovie relatif aux pertes et dommages, reconnaitre son expertise et promouvoir la mise en œuvre de ses recommandations pour minimiser et traiter ces déplacements forcés.

En outre, les engagements pris à la COP26 visant à l’opérationnalisation du réseau de Santiago (plateforme d’assistance technique aux pays les plus vulnérables pour faire face aux pertes et dommages) doivent être respectés.

  • Soutenir d'urgence les pays les plus vulnérables dans leurs efforts pour renforcer les mesures de prévention et de préparation afin de prévenir, minimiser et traiter les déplacements forcés.

L'adaptation aux changements climatiques et la réduction des risques doit être intégrée par les Etats aux lois et politiques pertinentes, toute en assurant une participation pleine et entière des populations les plus touchées..

Un accès à des financements durables et prévisibles pour l'adaptation pour les pays en développement doit également être assuré. Les Etats se sont engagés à consacrer 100 milliards de dollars par an au soutien des mesures d’atténuation et d’adaptation des pays en développement. Il est capital qu’ils en dédient au moins 50% à l’adaptation. Si les annonces d’un doublement de fonds d’ici 2025 sont bienvenus, la mesure reste insuffisante par rapport aux besoins.

  • Faire progresser l’assistance et la protection des personnes déplacées par les crises climatiques, à l’intérieur et à l’extérieur de leur pays, ainsi que les travaux de promotion des droits et des solutions durables à long terme.

Il est fondamental de s’assurer que les personnes qui sont contraintes de partir aient accès à une aide humanitaire répondant à leurs besoins essentiels, dans le plein respect de leurs droits, où qu’elles se trouvent.

 

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Face à la sécheresse qui perdure dans le Sud de Madagascar, le SIF intervient en urgence

Démunies, très fragilisées, des millions de personnes déplacées sont en première ligne de la crise climatique. Leur apporter du soutien est plus qu’urgent, c’est vital. Ne les abandonnons pas, mobilisons-nous, ensemble !