Les Palestiniens ont besoin d'aide d'urgence - Nos équipes sur place restent mobilisées.
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LES MARAUDES DU SIF,
VECTEUR DE LIEN SOCIAL

Pauvreté extrême, isolement, solitude totale, exclusion sociale, faim, froid… Les maux ressentis chaque jour par les sans-abri sont nombreux et très douloureux. Le Secours Islamique France (SIF) agit donc en organisant des maraudes sociales et alimentaires en lien avec le « 115 » pour apporter une aide précieuse aux plus précaires dans les rues de Seine-Saint-Denis. En 2020, l’action a été renforcée en raison de l’afflux de nouveaux sans-abri liés à la crise de la COVID-19. De trois passages hebdomadaires, le SIF est désormais présent sur le terrain six soirs par semaine !

Le SIF distribue près de 70 repas chauds lors de chaque maraude. Nos équipes mettent également à la disposition des bénéficiaires des boissons chaudes (thé, café), des kits d’hygiène, des kits de lutte contre le froid (duvets, etc.) ou encore des kits pour aider les plus fragiles à mieux se protéger de la COVID-19. Mais les maraudes sont aussi l’occasion de créer et entretenir du lien social avec les sans-abri. Ces personnes vulnérables, Rachid, travailleur social au SIF et coordinateur des maraudes, et Hussein, un bénévole régulier, les côtoient régulièrement sur le terrain. Passionnés par leur mission, ils nous livrent leur témoignage.

VIVRE ET DORMIR DANS LA RUE, UN VÉRITABLE CALVAIRE

Les maraudes du SIF ont été créées en 2009. Douze ans plus tard, Rachid reste toujours aussi marqué par les dures conséquences de la précarité sur les personnes sans-abri qu’il rencontre chaque semaine. Il tire la sonnette d’alarme :

« Il y a urgence. Dans la rue, les conditions de vie sont catastrophiques, la santé des personnes sans-abri se dégrade très vite. Leurs souffrances sont telles que certaines d’entre-elles, avec le temps, ne ressentent plus rien. Ils forcent le respect, on a beaucoup à apprendre d’eux : si nous étions à leur place, pourrait-on vivre et tenir dans ces conditions ? Le courage des sans-abri est surhumain. Leur adresse c’est un pont, leur lit, une plaque de béton… »

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Très marqués par leurs difficiles conditions de vie dans la rue, les sans-abri ont besoin de l’aide du SIF

DU SOUTIEN MORAL POUR REDONNER DE L’ESPOIR

Les équipes du SIF n’hésitent pas à prendre le temps de discuter avec les sans-abri qu’ils croisent pendant les maraudes. Ces échanges sont très importants et attendus par la plupart des bénéficiaires, assure Rachid :

« Certains sans-abri nous attendent toute la journée car ils n’ont personne à qui parler. Une partie d’entre eux ne peuvent même pas se confier à leur famille parce qu’ils cachent leur situation par fierté. Le lien social qu’on crée est primordial et tout aussi important, voire même plus, que les différents kits que l’on distribue. On essaie d’apprendre à connaître les bénéficiaires, de comprendre d’où elle vient, son histoire. Un climat de confiance se crée progressivement, ils se sentent rassurés, respectés, valorisés et n’ont plus l’impression d’être seuls au monde… »

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Bonifon, seul toute la journée, se confie à l’équipe du SIF

ACCOMPAGNEMENT SOCIAL ET AIDE À LA RÉINSERTION

Si le parcours des maraudes, long d’une trentaine de kilomètres, est prédéfini à l’avance, il arrive que les équipes du SIF s’adaptent aux rencontres imprévues. Parfois sollicités par le « 115 » en toute dernière minute pour aider une personne en détresse, les maraudeurs s’arrêtent également quand ils croisent des sans-abri qu’ils ne connaissent pas. A ce sujet, les explications de Rachid sont limpides :

« En parcourant les rues, il arrive que nous croisions de nouvelles personnes sans-abri. On n’hésite pas à s’arrêter, on offre un café ou un thé, on discute pour comprendre la situation. Les maraudes, c’est aussi un moyen d’établir un premier contact avant de recevoir dans nos locaux ceux qui ont besoin de notre aide. La prise en charge est globale, on les accompagne souvent dans des démarches administratives pour essayer de faciliter leur réinsertion et améliorer leurs conditions de vie. Par exemple, beaucoup de sans-abri n’ont pas demandé l’accès à la CMU [couverture maladie universelle] et ne peuvent pas se faire soigner quand ils sont malades… »

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Les équipes du SIF échangent pour comprendre la situation les plus précaire et leur donner des clés pour se réinsérer

LES BÉNÉVOLES, L’INDISPENSABLE ROUAGE DES MARAUDES

Hussein, 30 ans, est l’un des 45 bénévoles volontaires pour participer régulièrement aux maraudes du SIF. Comme ses homologues, il joue un rôle clé : sans eux, ce dispositif ne pourrait pas exister. Rigoureusement formés pour la mission, les bénévoles sont encadrés par un travailleur social qualifié. Pour des raisons de sécurité, leur nombre doit être de trois minimum. Bénévole depuis 2020, Hussein ne regrette pas son choix :

« J’avais toujours ressenti le besoin d’aider les gens. C’est la crise sanitaire qui m’a fait passer à l’action. Pendant le premier confinement, les rues étaient complètement vides. Les personnes vulnérables, habituellement invisibles dans la masse, sont devenues soudainement visibles. Mes sentiments étaient mélangés, je voyais des rues très calmes, et des gens souffrir, seuls et dans le besoin. Je ne pouvais pas rester sans rien faire, j’ai pris conscience que les sans-abri ne pourraient pas s’en sortir sans aide… »

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Hussein, fidèle bénévole du SIF, échange avec un sans-abri qu’il ne connaissait pas.

LES MARAUDEURS SONT TRÈS ATTENDUS

Pour assurer les maraudes et venir en aide aux plus démunis, le SIF fait appel à des bénévoles que nous formons rigoureusement. Ils font partie des équipes qui assurent ces missions de première nécessité et tissent, au fil du temps, des liens très forts avec les bénéficiaires. C’est le cas d’Hussein, qui apprécie beaucoup d’échanger avec Louise, toujours positionnée au même arrêt de bus :

« J’ai été très marqué par ma rencontre avec Louise. Elle est très âgée, elle me fait penser à ma grand-mère. Louis est gentille, pleine de douceur dans ses paroles et ses gestes. Elle n’est pas très bavarde, mais elle a toujours le mot juste. Son regard est très intense, plein d’humanité. Notre lien est très fort, il a mûri de maraude en maraude en maraude, le respect est mutuel, je la regarde d’égal à égal et non avec compassion. Quand elle n’est pas à sa place habituelle, je m’inquiète beaucoup… »

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Une bénévole du SIF discute avec Louise, une sans-abri bien connue des maraudeurs

NOS DONATEURS ATTÉNUENT LEURS SOUFFRANCES

Si le SIF a pu développer, renforcer et pérenniser les maraudes, c’est avant tout grâce à la générosité et la solidarité de ses donateurs. Sans eux, notre ONG ne pourrait, chaque soir, contribuer à réduire la pauvreté dans les rues de Seine-Saint-Denis. Toute l’équipe du SIF tient donc à les remercier du fond du cœur, et Hussein ne fait pas exception.

« Les donateurs sont indispensables pour qu’on puisse continuer à donner de l’aide. L’urgence est réelle, vous améliorez des vies, il arrive même que vous en sauviez. Sans les maraudes du Secours Islamique France, beaucoup de sans-abri seraient dans un état plus grave encore. Vos dons nous permettent d’alléger leurs souffrances, tout en leur permettant de rêver à un meilleur avenir. Merci à vous ! »

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Grâce aux donateurs, le SIF peut agir contre la pauvreté

La France compte près de 10 millions de pauvres. Beaucoup d’entre eux vivent dans la rue, et certains ont perdu leur toit à cause des conséquences économiques dramatiques de la crise provoquée par la pandémie de la COVID-19. Ces personnes, fragilisées et très vulnérables, ont besoin de l’aide du SIF. Alors, soyons solidaires avec eux, il y a urgence !