MADAGASCAR - PROJET VONONA

LE SIF AGIT SUR LA PRÉVENTION DES RISQUES ET GESTION DES CATASTROPHES NATURELLES AVEC SIX PARTENAIRES MAJEURS

Cyclones tropicaux, inondations, sécheresses, incendies… Dans le monde, Madagascar compte parmi les pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles, rendues encore plus fréquentes par le dérèglement climatique. Pour la population, les conséquences sont dramatiques : des milliers de vies sont menacées du jour au lendemain. Dans ces zones, elles sont pourtant déjà impactées par des crises alimentaires et une pauvreté économique importante.

Basé sur place depuis 2009, le Secours Islamique France (SIF-ONG) s’appuie sur son expérience pour agir contre ces chocs difficilement prévisibles. Nos équipes viennent ainsi de débuter une nouvelle action humanitaire afin d’améliorer les capacités des populations à faire face à ces crises. C'est le projet Vonona, mené par un Consortium de sept ONG majeures et reconnues. Soutenue par l’Union Européenne, cette initiative est vouée à renforcer les capacités de gestion des risques et des catastrophes au niveau communautaire.

QU’EST-CE QUE LA PRÉVENTION DES RISQUES ET CATASTROPHES NATURELLES ?

Aider plus de 750 000 personnes fragilisées à mieux se préparer face aux crises climatiques, tel est l’objectif du SIF et de ses partenaires. C’est… 700 000 bénéficiaires de plus que le projet Parirac, qui traite les mêmes problématiques, toujours à Madagascar. Développé par 5 ONG, dont le SIF-ONG, il touchera à sa fin en avril 2022. Planifié sur trois ans, le projet Vonona s’inscrit dans la continuité. Ensemble, nous leur donnerons également les moyens de réagir plus rapidement et efficacement. Il s'agit donc d’assurer leur résilience face aux chocs de façon plus autonome.

En parallèle, le Consortium développera également des actions de prévention contre la COVID-19 dans les écoles et centres de santé, complétées par des distributions de matériel de protection comme des masques et du gel hydro alcoolique.

Le SIF s’est vu confier les clés pour piloter les actions liées à l’éducation et à l’enfance, fort de son expertise sur ces problématiques. D’ores et déjà mobilisées, nos équipes interviennent principalement dans deux zones : la capitale, Antananarivo, et le district de Morombé dans le Sud-Ouest de la Grande Île, la principale de Madagascar. Plongée au cœur du projet Vonona en compagnie de Robin H., chargé de programmes au bureau Afrique-Haïti du siège du Secours Islamique France, à Massy (Essonne).

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Unies, sept ONG majeures, dont le SIF, présentent publiquement le projet Vonona sur la prévention et la gestion des risques et catastrophes naturelles à Madagascar, qui bénéficiera à 750 000 personnes vulnérables

Gestion des risques et catastrophes naturelles

En lien avec les autorités municipales, le SIF et ses partenaires forment et dynamisent des comités locaux de gestion des risques et catastrophes. Ces comités contribuent à mieux préparer les communautés aux catastrophes naturelles : des séances de sensibilisation sur la gestion des risques sont mises en place. En outre, des équipes de secours bénéficient de formations pour réagir le plus efficacement possible. Une attention particulière est portée aux enfants et notamment au relèvement rapide du système éducatif après un accident d'origine naturelle, indique Robin H. :

« Le SIF travaille auprès de 21 écoles primaires publiques. Chaque école disposera d’un plan de contingence permettant d’identifier les risques spécifiques à chaque catastrophe et les étapes à suivre en amont, durant et après le passage du choc. Les directeurs d’écoles seront formés aux premiers secours et des trousses médicales seront mises en place. Pour assurer la reprise de l’école, des kits scolaires seront également disponibles : ils permettront aux enfants de reprendre l’école dans de bonnes conditions. Cette démarche est d’autant plus nécessaire : la typologie des catastrophes dans les zones d’intervention (inondation, cyclone) entraîne l’endommagement, voire la destruction, du matériel scolaire. »

Autre chantier d’importance majeure, l'eau, l’hygiène et l’assainissement : la réhabilitation des latrines dans des écoles et dans un centre de santé est planifiée. Des blocs sanitaires seront donc mis à disposition des bénéficiaires. Un comité d’hygiène pour en assurer le nettoyage et l’entretien sera mis en place. Enfin, des séances de sensibilisation aux bons gestes d’hygiène seront organisées.

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Le SIF et ses partenaires organisent des séances de sensibilisation autour de la gestion des risques et catastrophes naturelles à Madagascar

Élaboration d’un plan de contingence préventif

Les catastrophes naturelles ne préviennent pas. Pour optimiser les réponses à apporter en cas de drame, mieux vaut anticiper. C’est la vocation du plan de contingence, que décrypte le chargé de programmes du SIF-ONG :

« Nous définissons en amont toutes les phases progressives de réponse à l’urgence. Par exemple, si une famille sent que sa maison ne va pas tenir quand un cyclone frappe Madagascar, elle doit avoir le réflexe de quitter ses lieux pour aller se mettre en sécurité en se confinant. Il faut aussi qu’elle sache où aller : c’est le rôle des autorités locales. On met donc des choses en place pour favoriser la communication de crise, donc la rapidité de réaction… »

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Comme lors du projet Parirac, les communautés locales sont directement impliquées dans le projet Vonona pour davantage d’autonomie dans la gestion des catastrophes naturelles

Pré-positionnement de kits d’urgence dans les zones à risques.

Pour le SIF et ses partenaires, l’identification précise des zones les plus à risques est une priorité. C’est pourquoi le Consortium construit une cartographie numérique complète à l’aide de drones. Pour renforcer les capacités de réaction de la population, des kits de pré-positionnement contenant par exemple du petit matériel de reconstruction (bâches, outils, etc) sont stockés dans les communes. En plus des kits scolaires, des tentes sont également mises à disposition dans les écoles, confie Robin H. :

« Par le passé, nous avons remarqué que lors des catastrophes naturelles, une partie de la population se réfugie dans les écoles, qui sont généralement des bâtiments sécurisés, contrairement aux logements. Les enfants sont donc brusquement privés d’enseignement. Installer des tentes permet la mise en place de salles de classe provisoires. Les enfants peuvent donc reprendre les cours plus rapidement. Inversement, d’autres écoles faites de matériaux moins résistants sont susceptibles d’être endommagées. Ces tentes permettent d’offrir une solution provisoire en attendant la réhabilitation de l’infrastructure. »

Des exercices de simulation et de prévention

Les enjeux sont tels que rien ne doit être laissé au hasard. Deux fois par an, le Consortium organisera des exercices de simulation pour les communautés : ces « répétitions générales » sont capitales pour s’assurer que les processus sont bien efficaces et assimilés par le plus grand nombre. Ces simulations seront aussi réalisées dans les écoles. 

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle une attention particulière est portée sur la communication : les actions concrètes sont renforcées par des émissions de radio pédagogiques et des campagnes de sensibilisation à destination des parents d’élèves.  

Le projet Vonona renforce nos nombreuses actions déjà en cours sur place

La participation du Secours Islamique France (SIF) au projet Vonona s’inscrit dans la continuité du projet Parirac : également basé sur la réduction des risques et des catastrophes, il est le fruit de la collaboration de cinq ONG majeures.

Ces projets viennent compléter les nombreuses actions d’aide au développement sur le long terme déjà menés par nos équipes à Madagascar, notamment autour de l'agriculture écoresponsable. Nous œuvrons également cette année dans le sud du pays, où le SIF lutte contre l'insécurité alimentaire avec des distributions d’urgence de denrées destinées à lutter contre l’insécurité alimentaire provoquée par une grave sécheresse : cette crise met en péril la santé de milliers de personnes.

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Dans le Consortium, le SIF s’est vu confier le leadership sur la protection de l’enfance