Les Palestiniens ont besoin d'aide d'urgence - Nos équipes sur place restent mobilisées.
0 J - 0 H - 00 MIN - 0 SEC

URGENCES – HEBERGEMENT
ET ACCOMPAGNEMENT SOCIAL

Chaque année, la précarité et les inégalités s’aggravent en France. 2021 ne fera pas, hélas, exception. C’est même le contraire, si l’on en croit les prévisions de l’INSEE. Ainsi, ce ne sera pas moins d’un million de personnes supplémentaires qui basculeront sous le seuil de pauvreté en raison des conséquences économiques liées à la crise sanitaire !

Le Secours Islamique France (SIF) se doit donc de maintenir, voire même d’accentuer ses efforts pour atténuer les effets de l’extrême précarité sur les plus vulnérables. Sans-abri, mal-logés, femmes isolées et exposées aux violences, familles en voie d’exclusion, migrants, chômeurs en fin de droits, étudiants précaires… Dans notre pays, ils sont de plus en plus nombreux à formuler une demande pour bénéficier de nos dispositifs d’aide d’urgence en matière d’hébergement et d’accompagnement social.

Femmes isolées et vulnérables : hébergement, protection et écoute

Sur son site de Massy, le SIF dispose de deux dispositifs sociaux exclusivement réservés à des femmes généralement fragilisées par un accident de vie, et en situation de vulnérabilité : le Centre d’Hébergement d’Urgence (CHU, 53 places) et la Mise à l’abri (MAB, 24 places). Si le CHU a toujours été ouvert en continu, soit 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, ce n’était pas le cas de la MAB avant mars 2020. Mais la pandémie de la COVID-19 nous a incité à rebattre les cartes pour leur assurer davantage de protection en ces temps très difficiles.

Exposées aux violences, parfois enceintes, mères isolées ou en instance de divorce, demandeuses d’asile, jeunes en rupture familiale… En manque de repères et de confiance en elles, ces femmes retrouvent grâce au SIF et à ses donateurs un cadre sécurisant leur permettant de se reconstruire. Sandrine, assistante sociale au CHU, les côtoient au quotidien :

« Au CHU, certaines femmes ont été contraintes de payer un passeur, elles rêvaient de meilleures conditions de vie. Pour cela, elles ont vécu l’enfer en traversant la mer à 50 sur un canot pneumatique. Malheureusement, à leur arrivée en France, elles se retrouvent à la rue. Le SIF leur apporte une protection vitale et leur redonne dignité, confiance en elles et des perspectives d’avenir »

Le SIF oriente les bénéficiaires selon leur profil. Contrairement à la MAB, l’accueil en CHU est avant tout considéré comme une solution d’urgence temporaire, d’abord destinée aux femmes sans domicile fixe ou contraintes de quitter le leur en urgence, vivant une situation de précarité et connaissant de graves difficultés sociales. Dans les deux centres, elles bénéficient toutes d’un accompagnement personnalisé auprès de l’un de nos travailleurs sociaux, dont l’objectif est de leur donner les clés pour se réinsérer dans notre société. Les rapports humains sont d’ailleurs placés au cœur du processus par les équipes du SIF. C’est ce qu’assure de son côté Antoine, le responsable de la MAB :

« L’impact de la chaleur humaine sur ces femmes est capital. Elles étaient à la rue, seules, en danger et sans aucune solution. Quand elles arrivent, elles sont complètement démunies, préoccupées, marquées par leurs souffrances. L’idée, c’est avant tout de les rassurer, de les réconforter, de soulager leurs angoisses. La MAB est une main tendue pour les aider à se relever puis à retrouver une vie normale. C’est un processus très long mais on y arrive : ce sont des battantes. La preuve : elles ont survécu dans des conditions où beaucoup d’entre nous auraient lâché… »

Le SIF se soucie particulièrement de l’épanouissement de ses bénéficiaires, une aide indispensable pour les aider à se relever. C’est notamment le rôle de Rajah, notre animatrice socio-culturelle. Diplômée, elle accompagne les femmes en organisant des ateliers, mais aussi des sorties quand la situation sanitaire de notre pays l’autorise. Cours de français, de théâtre, de cuisine ou d’informatique, création de bijoux, couture, sport… les activités sont nombreuses et très appréciées des bénéficiaires, témoigne Rajah :

« Nos bénéficiaires ont des parcours très difficiles. Les activités permettent de créer du lien entre elles, donc de commencer à les resocialiser. Cela leur permet aussi de se changer les idées, de se défouler ou encore d’apprendre des choses qui leur seront utiles. Petit à petit, elles reprennent confiance en elles, elles me disent souvent qu’elles se sentent revivre car elles sentent qu’on croit en elles. Elles peuvent enfin reconnaître celles qu’elles étaient dans leur vie d’avant en se regardant dans le miroir, c’est une énorme bouffée d’oxygène ! » 

Image
Au CHU et à la MAB, le SIF aide des femmes vulnérables à se reconstruire après qu’elles aient connu la vie dans la rue
Image
Le SIF organise des évènements pour créer du lien social entre les bénéficiaires du CHU et de la MAB et les aider à se changer les idées.

Un centre d’accueil
et d’accompagnement ouvert à tous

A quelques encablures du CHU et de la MAB, le SIF a mis en place un Centre d’Accueil de Jour (CAJ). Ouvert du lundi au vendredi de 9 heures à 17 heures, le CAJ accueille toute personne en situation de précarité. Nos équipes sont composées de salariés et de bénévoles qui sont constamment à l’écoute : souvent isolés dans leur vie quotidienne, les bénéficiaires retrouvent au SIF les précieuses interactions sociales dont nous avons tous besoin.    

Suivi social, repas chaud, douches, espace informatique ou de repos, télévision, laverie, espace destiné aux enfants… grâce à nos donateurs, les plus vulnérables d’entre eux ont à leur disposition de nombreux outils destinés à régler leurs problèmes et à repartir du bon pied. En outre, le SIF propose une domiciliation aux bénéficiaires de la CAF, ce qui facilite leurs démarches administratives. En effet, disposer d’une adresse postale est souvent une condition sine qua non pour trouver un emploi ou bénéficier d’une couverture santé.

Pour Antoine, le responsable, le CAJ change la vie des personnes dans le besoin :

« Certaines personnes que nous accueillons dorment dans la rue depuis plus de dix ans, d’autres dans leur voiture, dans des jardins, des cages d’escalier ou des chambres de fortune sans eau ni électricité. La plupart a vécu des histoires douloureuses. Au SIF, ils se sentent écoutés et respectées. Heureusement qu’il y a des donateurs, cela nous permet d’éviter de sélectionner. Je ne me vois pas dire aux bénéficiaires ˵toi tu viens manger mardi, et toi mercredi, car on n’a pas les moyens de vous accueillir en même temps ˶. D’autres associations n’ont pas d’autre choix que de le faire. Pas le SIF, grâce à vous ! »

Image

Le CAJ du SIF est ouvert aux personnes dans le besoin

Image

Au CAJ, les bénéficiaires peuvent profiter d’infrastructures de bases et laver leur linge.

Des logements temporaires pour les plus précaires

Fournir un toit à des personnes en situation d’extrême pauvreté, tout en les aidant à trouver le chemin de l’autonomie. Tel est l’objectif de l’une de nos actions sociales en Seine-Saint-Denis. Ainsi, le SIF loue six chambres dans un foyer à Saint-Denis et paie la majorité du loyer. Les 60€ restants sont à la charge du bénéficiaire, qui s’appuie ensuite sur un accompagnement du SIF pour prendre son destin en main : soins médicaux, démarches administratives, élaboration d’un projet professionnel, recherche d’emploi. Le tout est supervisé par le travailleur social du SIF, Rachid :

« La part du loyer versée au bénéficiaire est symbolique mais cela permet de le responsabiliser. Ce sont des personnes qui ont connu un accident de vie, et qui sont en transition. Ils n’ont plus de logement, ou vivent dans des conditions très difficiles, sans eau ni électricité. Ils ont perdu leurs repères, on les aide à restructurer les choses. L’idée, c’est de les remettre sur de bons rails pour qu’ils puissent rapidement trouver leur autonomie… »

Image
Le SIF accompagne vers l’autonomie des personnes extrêmement précaire qui ont perdu leur logement.

Des centres d’hébergement éphémères

Le SIF noue régulièrement des partenariats avec des mairies pour trouver des solutions ponctuelles (hôtels, gymnases) pour héberger en urgence des personnes qui en ont besoin. C’est notamment le cas à Livry-Gargan. Fidèles à notre mission sociale en faveur des plus-démunis, nous intervenons pendant tout le mois de février en aménageant un gymnase pour dix femmes fragilisées et seules face aux dangers de la rue.

Supervisée par un travailleur social du SIF, cette mise à l’abri d’urgence distribue quotidiennement des repas chauds et des kits d’hygiène. Ces femmes bénéficient aussi d’un accompagnement dans leurs démarches administratives. L’ouverture de leurs droits CMU en est un exemple : c’est une condition sine qua non pour accéder à des soins médicaux.

En outre, nos équipes mettent tout en œuvre pour leur trouver des solutions d’hébergement pérennes. Si le SIF a tenu à maintenir ce dispositif en dépit de la crise sanitaire, il a toutefois dû l’adapter. L’an dernier, vingt femmes avaient pu être accueillies. Malheureusement, conserver la même capacité était impossible en raison de l’indispensable respect des règles de distanciation sociale et d’hygiène liées au coronavirus.

Image

Pendant l’hiver, le SIF aménage avec des mairies des structures temporaires pour protéger des femmes vulnérables du froid avant de les orienter vers un dispositif d’aide pérenne.