Protection de l’enfance

à Dakar le SIF améliore les conditions de vie des enfants talibés

Au Sénégal, le SIF soutient les enfants de quinze « daara » (écoles coraniques) dans des quartiers défavorisés du nord de Dakar, en s’appuyant sur le réseau local des « marraines » de quartier. Souvent originaires de régions rurales, les jeunes talibés, ont été confiés par leurs parents à des maitres coraniques, qui n’ont pas les moyens d’assurer leur subsistance. Ils se voient donc contraints de mendier et vivent, entre la rue et le daara, dans des conditions d’extrême dénuement.

Soutien aux « marraines » de quartier

La prise en charge désintéressée d’enfants talibés du quartier par des marraines bénévoles est une tradition au Sénégal. Les généreuses voisines assurent un couvert le matin et souvent à midi, elles sont aussi attentives à l’hygiène et la santé de leurs pupilles. Grâce à leur engagement, la plupart de leurs protégés sont désormais inscrits à l’état civil. Pour venir en aide à ces enfants éminemment vulnérables, le SIF appuie l’action des marraines, les aide à s’organiser et à réaliser des activités génératrices de revenus.

Améliorer les conditions de vie et contribuer à l’intégration des enfants talibés

 L’objectif est de permettre à ces enfants de vivre dans des conditions plus décentes et de s’intégrer dans la société. Le SIF finance des équipements comme des pompes pour puiser de l’eau potable ou la réfection d’un toit et s’efforce, en coopération avec les daara et les autorités, d’améliorer l’enseignement (organisation de cours de français et de calcul).
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Des ateliers récréatifs pour aider les enfants talibés à se projeter dans l’avenir

Les ateliers récréatifs ont pour but de faire sortir les enfants talibés d’un univers restreint à la rue et au daara, et d’initier le dialogue avec eux en vue d’un suivi psychosocial.En novembre, le SIF a organisé trois ateliers avec l’association sénégalaise Videopositive. Trente enfants de 15 daara y participaient.

Atelier récréatif pour les talibés, Dakar, 10.11.18

Ce jour là, ils sont douze, âgés de 11 à 17 ans, sagement assis autour de tables disposées en U. D’abord déconcertés et intimidés, ils se prennent bientôt au jeu : illustrer par un dessin le métier auquel ils rêvent. Tailleur, instituteur, mécanicien, footballeur, président, pilote, menuisier… Aicha, artiste-animatrice de l’association Videopositive, redresse un trait, suggère une couleur et les encourage.

L’objectif est multiple : octroyer aux enfants un moment de loisir et les aider à se projeter dans un avenir professionnel.

En marge du système d’enseignement, les élèves des écoles coraniques non officielles vivent en vase clos et n’apprennent pas de métier. Dépourvus de réseau, leurs perspectives d’insertion professionnelle sont faibles. Grâce à ces ateliers, le SIF espère développer des pistes de formations à des métiers. Rabietou, psychologue pour le SIF, y assiste. Elle conduira avec l’animatrice les entretiens qui suivront.

Entretiens avec Aissatou Sall, Présidente de l’association Videopositive, Rabietou Keita, chargée de l’accompagnement psychosocial à la mission Sénégal du SIF et Mansour Sow, Chef de projet talibés au SIF.

Améliorer les conditions de vie et contribuer à l’intégration des enfants talibés

Tout de blanc vêtue, Bintou Seye, s’est apprêtée pour accompagner ses pupilles à l’atelier organisé par le SIF. Elle les regarde avec fierté coucher leurs rêves sur le papier. La présidente des marraines de Cedep Guediawaye s’engage depuis plus de dix ans pour les enfants talibés. Ils savent qu’elle ne les laissera jamais le ventre vide, les aidera s’ils tombent malades ou ont besoin de réconfort.

« On considère les talibés comme nos enfants. » « Mère Bintou », ainsi que la nomme ses protégés, fédère une soixantaine de marraines. Ensemble ces bonnes fées veillent aux soins de base de la centaine d’enfants talibés des deux daara du quartier. Les marraines pourvoient à leur petit-déjeuner, ce qui les dispense de mendier pour leur survie ; leur procurent des vêtements et les conduisent au dispensaire s’ils ont besoin de soins.

« J’ai été cherché avec Ibrahim son extrait de naissance. Maintenant il peut aller à l’école », déclare fièrement Madame Bintouseye. « Nous établissons des liens entre les enfants talibés et les autres enfants du quartier, ils jouent au football ensemble », souligne encore cette marraine qui a repris la tradition d’accueil de sa mère et l’a transmise à sa fille…

Ecouter l’entretien

Publication : 04 Janvier 2018