Enfance
 
 

Comment nous venons en aide aux enfants talibés au Sénégal

 
Près de 600 enfants de la région de Dakar, au Sénégal, bénéficient en 2017 d’un nouveau projet mis en place par le SIF au sein de daara, des écoles coraniques traditionnelles.
 
Grâce à votre soutien, ce projet baptisé « Timtimol » (Arc-en-ciel et Espoir en langue peuhle) va permettre d’améliorerle cadre de vie des enfants, de contribuer à leur santé et leur hygiène, de lutter contre la mendicité et de veiller à leur épanouissement, à leur insertion sociale et au respect de leurs droits.

 

Pauvreté et mendicité

Issus de familles rurales pauvres et confiés par leurs parents à des maîtres coraniques afin qu’ils se chargent de leur éducation religieuse, ces enfants dits « talibés », âgés généralement de 5 à 18 ans, vivent dans des conditions très difficiles, faute de moyens. Les salles de classe, bondées le jour, servent souvent de dortoirs la nuit. Et certains locaux, souvent prêtés ou loués, sont dans un état précaire, voire insalubres.
 
Nombre de ces enfants n’ont d’autre choix que de mendier pour pouvoir se nourrir et contribuer à la vie de leur daara.
 
Face à cette situation, plusieurs maîtres coraniques et habitant.e.s des quartiers où se trouvent ces écoles, soucieux du bien-être des enfants, tentent de trouver des solutions. Nous avons donc décidé de les appuyer pour répondre directement aux besoins des enfants et mieux préparer leur avenir.
 
 

 

Des initiatives solidaires

Pour mettre fin à la mendicité, nous accompagnons notamment la mise en place de groupes de marraines. Le principe est simple : un enfant, une marraine. Celle-ci, généralement une mère de famille qui vit dans le quartier où se trouve le daara, reçoit l’enfant chez elle, lui donne deux repas par jour et veille à son bien-être, notamment en termes d’hygiène et de santé.
 
Ces marraines se rassemblent en associations constituées autour d’un daara et nous les aidons à développer des activités génératrices de revenus, en contribuant entre autres à l’achat d’équipements ou d’outils de production. Des groupements de marraines louent par exemple du matériel pour des événements ou des mariages, d’autres transforment des produits alimentaires… Autant d’activités qui permettent à ces femmes d’accroître leurs ressources et de mieux prendre en charge les enfants talibés dont elles s’occupent.
 

Suivi médical et social

Afin d’améliorer et de sécuriser le cadre de vie des enfants, nous contribuons également à des aménagements dans les écoles : pose de moustiquaires, petits travaux de maçonnerie, construction ou réhabilitation de points d’eau, de sanitaires ou de latrines...
 
Parallèlement à cela, nous menons des actions de sensibilisation à l’hygiène et la santé auprès des enfants et de leurs encadrants. Tant sur le plan sanitaire que psychosocial, les marraines jouent un rôle essentiel pour repérer les éventuels problèmes de santé ou de violence auxquels sont confrontés certains enfants. Nous souhaitons par ailleurs faire en sorte que chaque enfant bénéficie d’une couverture maladie. Et nous travaillons en partenariat avec une association locale pour la mise en place de consultations médicales annuelles pour chacun d’entre eux.
 

Une ouverture sur la communauté

Les petit talibés souffrent souvent d’une image négative, notamment en raison du fait qu’ils mendient. Dans le même esprit que les groupements de marraines, nous essayons donc d’encourager l’ouverture et l’insertion de ces enfants dans le quartier et la communauté où se trouve leur daara.
 
Ainsi, en partenariat avec l’association sénégalaise « Enfance et Paix », nous proposerons aux enfants un apprentissage en langue française dans les matières de l’éducation de base, par des enseignants diplômés et suivant le curriculum de l’éducation nationale sénégalaise. Cet enseignement se fera en parallèle de l’enseignement du Coran et des textes religieux au daara et favorisera l’insertion de l’enfant dans une école d’Etat à sa sortie.
 
Nous organisons également des activités pour permettre aux enfants de se distraire et de s’épanouir : jeux, ateliers artistiques, loisirs sportifs…
 
En travaillant avec les associations locales, en organisant des événements, comme des journées portes ouvertes ou des « journées du talibés », nous comptons valoriser ces enfants et mieux sensibiliser non seulement les encadrants et les habitants du quartier mais aussi les parents et proches de ces enfants à leurs besoins fondamentaux et à leurs droits.
 
 

 

Une mobilisation à long terme

Tout cela demande des efforts à long terme. Le SIF agit auprès des enfants talibés depuis 2014. Aujourd’hui, un chef de projet, deux animateurs et un médiateur du SIF sont mobilisés à Dakar pour mener à bien ces actions, en coopération avec les maîtres coraniques, les parents, les marraines, les associations et les autorités locales et nationales.
 
Grâce à votre soutien, nous pouvons renforcer l’ensemble de ces opérations, dans la durée, et faire en sorte que ces enfants grandissent dignement et s’épanouissent.
 

TEMoignage

 
Stéphanie PRAT, cheffe de mission au Sénégal : « Notre objectif : l’éducation et le bien-être des enfants »
« Dans les rues de Dakar, on croise de très nombreux Talibés, petits mendiants : beaucoup d’histoires de maltraitance et d’exploitation des enfants par des maîtres de daaras véreux circulent, et elles sont, malheureusement, souvent réelles. Malgré tout, ce type de daaras n’est pas représentatif de toutes les daaras du Sénégal et de Dakar en particulier. Lors des visites que j’ai pu faire dans les daaras, j’ai rencontré aussi des maîtres soucieux de l’éducation et du bien-être des enfants. Certains même sont très ouverts et prêts à intégrer l’apprentissage du français et d’autres disciplines en parallèle de l’apprentissage coranique. Cependant, ils manquent souvent de ressources : les seules rentrées d’argent sont la participation, minime, des parents et pour certains, envoyer les enfants mendier est la seule solution pour leur assurer un repas. Ce sont ces daaras-là qui sont appuyés spécifiquement par le SIF : ceux qui souhaitent abandonner la mendicité – ou l’ont déjà fait - et qui ont pour objectif réel l’éducation des enfants. Ils sont accompagnés sur plusieurs aspects (éducation, hygiène, développement psychosocial de l’enfant) afin d’améliorer la prise en charge globale des Talibés et leurs perspectives d’avenir. En parallèle, nous travaillons avec les « maîtres » sur des solutions alternatives à la mendicité des enfants. »
 
 
 
SIF - 22/08/2017