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SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

LE SECOURS ISLAMIQUE FRANCE (SIF) REDYNAMISE ET MET EN PLACE DES BANQUES CÉRÉALIÈRES AU MALI

Le Mali est l’un des pays les plus pauvres au monde. La faim y est récente et omniprésente : 1,2 million de personnes* étaient l’an dernier en état d’insécurité alimentaire, un chiffre multiplié par 3 en… un an ! Dans ce pays du Sahel, la situation est donc très inquiétante et résulte de multiples facteurs : conflits armés, instabilité politique, catastrophes naturelles liées au dérèglement climatique ou encore problèmes économiques provoqués par la pandémie de la COVID-19.

(*) Source : Nations Unies.

Un soutien alimentaire sur le long terme pour 227 000 personnes

Basé au Mali depuis 2013, le Secours Islamique France (SIF) contribue activement à lutter contre la faim sur le long terme. Nos équipes sont particulièrement actives dans les zones de Mopti, Socoura, Fatoma et Sio par le développement de banques céréalières. Lancé en 2019, le projet du SIF apporte un soutien à plus de 227 000 personnes vulnérables, dont 45 000 En situation d’extrême pauvreté. A Mopti, notre ONG est partie de zéro, construisant l’intégralité des infrastructures du dispositif. Les trois autres banques céréalières étaient à l’abandon : le SIF les a intégralement réhabilitées, rééquipées et redynamisées.

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Pourquoi le SIF développe-t-il des banques de céréales au Mali ?

Les banques céréalières permettent de lutter contre la pénurie, qui provoque une flambée des prix. Au Mali, la sécurité alimentaire des plus vulnérables est liée au rendement de l’agriculture, qui se heurte à des problèmes majeurs. Par exemple, il arrive que des agriculteurs délaissent leur exploitation sans en avoir le choix : ils craignent pour leur vie à cause de l’insécurité.

Autre facteur de raréfaction de la nourriture, le climat : la pluviométrie est très faible et aléatoire dans les zones où intervient le SIF. Déjà fragile, l’équilibre est régulièrement rompu en cas de catastrophes naturelles. Malheureusement, les sécheresses ou encore les inondations sont de plus en plus fréquentes à cause du dérèglement climatique.

L’impact de la multiplication des crises est particulièrement dévastateur pendant la soudure, qui correspond à la période séparant l’épuisement de la récolte précédente et l’attente de la nouvelle récolte. Dans un premier temps, le SIF avait mis en œuvre des actions de distribution d’urgence puis a estimé indispensable d’apporter une réponse humanitaire sur le long terme. L’objectif est clairement défini : aider les populations touchées à devenir autosuffisantes.  

Quel est le principe des banques céréalières développées au Mali par le SIF ?

La principale fonction des banques céréalières est de stocker et de conserver des céréales, généralement du mil et du riz. Pour soutenir l’économie et créer un cercle vertueux, le SIF privilégie au maximum les fournisseurs de la filière agricole locale. Ces denrées sont ensuite vendues à un prix très bas à des moments-clés.

Les tarifs sont adaptés à la situation financière des bénéficiaires pour n’exclure personne du dispositif. « Pour les personnes les plus démunies, précise Mélanie P., Chargée de Programmes au SIF, on organise des distributions. Certaines familles ont des revenus très faibles. Le SIF ne les abandonne pas à leur sort. »

En outre, le SIF accompagne les banques céréalières pour les aider à assurer la viabilité économique. C’est l’une des clés de la pérennisation du projet sur le long terme. Si les céréales sont revendues à un prix social très bas pour n’exclure personne, il inclut une marge bénéficiaire. Les bénéfices  permettent de couvrir les charges et de renouveler les stocks, ce qui confère aux banques céréalières une certaine viabilité économique, donc une durabilité.

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Au Mali, le SIF redynamise des banques de céréales et en construit de nouvelles pour renforcer la sécurité alimentaire d’une population démunie

Les banques céréalières du SIF sont gérées par des comités de gestion constitués de bénéficiaires

Parce que le SIF juge contre-productif de rendre les populations vulnérables dépendantes à l’aide humanitaire, nos équipes adoptent une approche qui implique les bénéficiaires dans tout le processus. Outre l’aide immédiate, notre ONG vise bien à placer les personnes soutenues sur la voie de l’autosuffisance à même de faire face aux crises. Supervisée par le SIF, la complète gestion des banques céréalières est confiée aux bénéficiaires via des comités de gestion élus par la communauté. Ces derniers collaborent avec les autorités. C’est le cas des mairies, des préfectures, des services techniques (agriculture, élevage, etc.) ou encore du Commissariat à la Sécurité Alimentaire, qui apportent un appui technique indispensable à ces comités.

Logistique, gestion financière, tâches administratives… Les membres du comité de gestion des banques céréalières sont formés et accompagnés

Pour renforcer les capacités des personnes responsables du bon fonctionnement des banques céréalières, les équipes du SIF organisent des sessions de formation pratique portant sur la logistique, les tâches administratives, la gestion des stocks, la gestion financière, la traçabilité des achats… Notre ONG a mis en place un accompagnement sur le long terme, et adapté les processus et outils de travail aux personnes non alphabétisées dans un souci d’inclusion. Nous avons également soutenu les comités de gestion auprès des autorités locales pour l’obtention de la reconnaissance juridique des banques céréalières. L’ouverture de comptes bancaires a donc été possible, ce qui renforce la transparence de la structure.

ONG de solidarité internationale, le SIF est intervenu depuis 1991 dans 47 pays,
dont la France, en faveur de 13 millions de personnes vulnérables.
Le SIF est labellisé par le comité de la charte du Don en Confiance.