PERMETTRE L’ACCES A L’EAU POTABLE PAR LE FORAGE DE PUITS

L’eau est une ressource indispensable à chaque être humain. Ainsi, il est impossible de vivre dans des conditions décentes sans ce que l’on surnomme désormais « l’or bleu ». Mais dans la réalité, l’UNICEF estime que 2,1 milliards de personnes dans le monde sont encore privées d’un point élémentaire d’eau potable, disponible rapidement et exempt de toute contamination.

A chaque minute, cinq personnes décèdent par manque d’eau potable

Parmi ces personnes, l’ONU estime que 844 millions ne disposent pas de service d’eau à moins de trente minutes de marche. Dans le monde, cinq personnes meurent à chaque minute à cause de ce fléau ! « Très souvent, ce sont les enfants qui sont chargés d’aller chercher l’eau très loin du village avant d’aller à l’école, sans être sûr qu’elle soit potable », témoigne Romain Crochet, le Référent Eau, Hygiène et Assainissement du Secours Islamique France (SIF).

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Si le SIF se mobilise pour fournir de l’eau potable en urgence en cas de crise humanitaire, notre ONG reste sur place pour pérenniser l’action et assurer avec des puits l’autonomie des communautés.

Le SIF a foré plus de 950 puits

En tant qu’acteur humanitaire majeur, le SIF se mobilise pour ces populations en situation d’extrême vulnérabilité. Depuis sa création, notre ONG a foré ou réhabilité plus de 950 puits dans des pays comme le Tchad, le Mali, dans des camps de réfugiés Rohingyas au Bangladesh, etc. Nos équipes s’appuient sur une expertise forgée au fil des années et reconnue par nos pairs localement et à l’international. En 2021, le SIF a prévu de continuer à creuser des puits dans des régions écartées des réseaux d’approvisionnement.

 

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Forer un puits, c’est assurer de l’eau potable accessible immédiatement à des communautés vulnérables

Sans eau potable, les populations risquent diarrhées, choléra et dysenterie

Chaque jour, des communautés entières courent un grave danger en utilisant des sources d’eau insalubres, véhiculant des produits toxiques générés par les activités humaines mais aussi et surtout des matières fécales d’origine humaine ou animale. Ces populations déjà très fragilisées risquent donc de contracter des maladies pouvant s’avérer mortelles  telles que la dysenterie, la diarrhée ou encore le choléra.  

« Vivre sainement sans eau potable, c’est strictement impossible. Cela génère énormément de problèmes de santé et de nombreuses contraintes. »

La construction d’un puits est donc synonyme d’amélioration considérable des conditions d’hygiène, donc de vie, pour les villageois. Djakra témoigne des bienfaits apportés par les actions de nos équipes et la générosité de nos donateurs dans le petit village de Bedia, au Tchad :

« Depuis que le forage a été fait dans notre village, nous sommes vraiment soulagés. Auparavant, quand nous buvions de l’eau provenant de notre puits traditionnel, nos enfants tombaient souvent malade. Ils souffraient de diarrhées et de vomissements. Je remercie sincèrement tous ceux qui ont permis le financement de ce nouveau puits, ils ont rendu un vrai service à notre village… »
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Au Tchad, l’eau potable apportée par les puits du SIF améliore considérablement les conditions d’hygiène des villageois

L’intervention du SIF ne s’arrête pas au forage du puits

Mais l’action du SIF ne se limite pas à une étude pour trouver le site adéquat ou au forage, dont la profondeur peut atteindre près de soixante-dix mètres. Ni même à l’installation des structures, qui n’est pas une fin en soi. « Au contraire, ce n’est que le début de notre intervention, explique Romain Crochet. Le processus que nous avons mis en place peut durer de six mois à un an, voire même plus encore. C’est un véritable accompagnement pour que les bénéfices se ressentent sur le long terme. » En cause, une conviction forte portée par les équipes du SIF : l’aide au développement est tout aussi importante que les actions d’urgence.

A Bokoro, un village situé au Tchad, la construction d’un puits au lycée bilingue permet aux enfants de poursuivre leur éducation dans de bien meilleures conditions qu’auparavant. Les mots que nous a transmis le directeur de l’infrastructure sont éloquents :

« L’eau apportée par le puits est d’une importance vitale. Les enfants n’ont plus à se soucier ni s’absenter des cours pour aller chercher de l’eau pendant les fortes chaleurs. L’eau du puits va même permettre aux parents d’élève de fabriquer des briques pour sécuriser l’établissement en bâtissant une clôture. Nous vous remercions pour l’installation du puits dans l’enceinte de notre lycée. Ce geste nous va droit au cœur ! »
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En assurant la disponibilité d’eau potable, le SIF permet notamment aux villageois de développer une agriculture saine et productive, donc de combattre l’insécurité alimentaire

Le SIF vise l’autonomie des villageois

Energie électrique via un groupe électrogène ou le réseau local, panneaux solaires, pompes, mécanismes… Les infrastructures sont complexes et demandent un entretien rigoureux et régulier.

« Creuser un puits et partir, c’est prendre le risque qu’il ne fonctionne plus dans quelques années. Il faut donc pérenniser les sources d’énergie, changer des pièces, et bien d’autres choses. Le but, c’est que les villageois n’aient plus besoin du SIF, donc de les mettre sur les rails de l’autonomie… »

En amont, nos équipes mènent donc de longues recherches pour s’assurer que le matériel utilisé est facilement trouvable dans le pays concerné. La logique est simple : à un moment ou à un autre, les villageois auront forcément besoin de trouver des pièces de rechange pour pérenniser l’infrastructure.

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L’objectif du SIF est que les puits bénéficient à la communauté sur le long terme

Formation des villageois et élection d’un comité de gestion de l’eau

Le SIF met d’ailleurs l’accent sur une gestion sociale et communautaire du point d’eau potable. Toutes nos actions de forage s’accompagnent de la mise en place d’un comité de gestion, composé de quatre à cinq personnes. Elu par les villageois, il est chargé de veiller au fonctionnement du puits, d’en assurer la maintenance et d’en garantir une utilisation optimale. La communauté a donc également besoin de savoir-faire. Notre ONG accorde une place prépondérante à la formation. Formation de techniciens, qui seront capables d’entretenir les infrastructures en procédant aux réparations courantes. Mais aussi pédagogie auprès des villageois en termes d’hygiène et de prévention pour les sensibiliser aux bienfaits apportés par le puits, ainsi qu’aux moyens d’éviter le gaspillage au bénéfice de tous.

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Un comité de villageois élu par la communauté et formé par le SIF est chargé de gérer le puits d’eau potable

« Des villages entiers reprennent vie »

Ces actions du SIF sont donc capitales. Elles permettent d’améliorer considérablement, rapidement et à long terme les conditions et l’espérance de vie des populations locales, bien souvent rurales.

« En France, dès qu’il y a une coupure d’eau de quelques heures, on est tous en panique. Pourtant, on sait bien que ce n’est que temporaire. Alors, imaginez pour ces populations vulnérables… Quand le puits est fonctionnel et que l’eau jaillit, ça leur fait un bien fou et leur enlève une énorme pression. Des villages entiers reprennent vie et retrouvent de l’espoir. On constate très vite les améliorations en termes d’hygiène, de recul des maladies. De nombreuses vies sont préservées… »
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La vie de ce camp de réfugiés Rohingyas au Bangladesh s’organise autour du puits, dont la profondeur peut atteindre soixante-dix mètres