JOURNÉE MONDIALE DES TOILETTES

Le SIF dénonce le fléau du manque d’accès l’eau, à l’hygiène
et à l’assainissement

En ce vendredi 19 novembre, le Secours Islamique France (SIF) saisit l'occasion de la Journée mondiale des Toilettes, organisée par les Nations Unies et vouée à dénoncer, une fois de plus, la crise mondiale de l’assainissement. Il faut dire que l’accès à l’Eau, à l’Hygiène et à l’Assainissement (EHA) est l’une des priorités de notre ONG. Sur le terrain par le développement de projets mais aussi via de nombreuses actions de plaidoyer, nos équipes travaillent sans relâche : elles contribuent à en faire des droits humains effectifs, durables, et accessibles à tous.

À l’heure actuelle, le chemin à parcourir reste immense : en 2020, seulement 54% de la population mondiale, soit près d’une personne sur deux, ont recours à des services d’assainissement gérés en toute sécurité. En outre, l’ONU estime actuellement que 2 milliards de personnes ne pas disposent pas de toilettes élémentaires, équipées d’une fosse septique et d’une chasse d’eau.

En termes d’hygiène et de santé publique, les conséquences sont catastrophiques. Le manque d’accès à ces services de base et la défécation à l’air libre favorisent la circulation de maladies hydriques potentiellement mortelles, telles que la diarrhée et le choléra. Les populations touchées sont essentiellement rurales, précaires et donc très vulnérables.

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Pourtant, l’EAH est un droit humain fondamental au niveau international, une reconnaissance officielle renforcée par l’Objectif de Développement Durable 6 (ODD 6), adopté par les Nations Unis en 2015. L'ODD 6, défendu par de nombreuses actions de plaidoyer du SIF, porte sur l’universalité de l’accès aux services d’assainissement d’ici 2030, donc dans moins de 10 ans. Le SIF profite donc de la Journée mondiale des Toilettes pour tirer, une nouvelle fois, la sonnette d’alarme.

Les Etats se doivent de déployer dès maintenant des efforts ciblés visant à accélérer les progrès dans les zones rurales. Il convient de s’assurer que les populations les plus pauvres ne soient pas laissées pour compte. Ce défi nécessite notamment la mise en œuvre de politiques ciblées et de mécanismes financiers spécifiques.

Les changements nécessaires s’avèrent profonds, comme en témoignent les résultats de l’enquête Global Analysis and Assessment of Sanitation and Drinking-Water (GLAAS). Les données collectées sur la période 2018-2019 montraient ainsi que si 94% des pays déclarent avoir élaboré des politiques nationales en matière d’assainissement, seuls 7% indiquent disposer d’un plan chiffré et de fonds suffisants pour le mettre en œuvre.

La mise en perspective de ces données, encore enrichies de statistiques, d’analyses et de recommandations sont à découvrir dans le nouveau rapport du service Plaidoyer du SIF : Accélérer l’action pour l’assainissement en milieu rural, enjeux et recommandations.   

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Quelles sont les recommandations du Secours Islamique France sur l’assainissement en milieu rural ?

Fruit d’un rigoureux travail d’analyse, voici le résumé des recommandations formulées par le SIF dans ce rapport. Face à ces enjeux cruciaux, notre ONG les adresse aux Etats, dont la France, mais aussi aux partenaires techniques et financiers du développement, comme les agences concernées des Nations Unies.

Au niveau international, le SIF demande aux États et partenaires techniques et financiers de :

  • D’améliorer la gouvernance mondiale de l’ODD 6 via la mise en place d’une instance intergouvernementale intégrée au système des Nations Unies et dédiée à l’ensemble des problématiques de l’ODD 6.
  • De faire en sorte que l’assainissement, notamment en milieu rural, soit inscrit à l’agenda de la Conférence des Nations Unies consacrée à l’évaluation à mi-parcours de la Décennie de l’action pour l’eau en mars 2023.
  • De rééquilibrer l’Aide publique au développement (APD) du secteur entre l’eau et l’assainissement, et augmenter les montants d’APD pour l’assainissement.
  • D’orienter les flux d’APD vers les services d’assainissement de base en milieu rural et l’élimination de la défécation à l’air libre.
  • De soutenir le Fonds pour l’Assainissement et l’Hygiène. Il doit être en mesure en mesure d’apporter un soutien fiable, prévisible et de longue durée aux pays qui sollicitent le fonds pour la mise en place de leurs politiques et plans d’action en vue d’atteindre l’accès à l’assainissement pour tous.

Au niveau national, le SIF demande aux États de :

  • De respecter le droit à l’assainissement au regard du Droit international.
  • D’assurer un leadership politique pour l’assainissement, élaborer des politiques inclusives pour réaliser le droit à l’assainissement.
  • De mettre en place des plans d’action, un système de régulation et de suivi.
  • De combler les lacunes en matière de ressources humaines.
  • De mettre en place des mesures effectives pour ne laisser personne pour compte, notamment via l’amélioration de l’accessibilité économique aux services d’assainissement.
  • De mettre en place des solutions adaptées au contexte de la zone et aux besoins locaux, tout au long de la chaîne d’assainissement, avec des objectifs de long terme et une mise en œuvre flexible.
  • D’appuyer le développement de solutions innovantes à tous les niveaux (infrastructures, mesures d’accompagnement, approche institutionnelle, financement).
  • De favoriser la collecte et la disponibilité des données pour le suivi national et mondial des services d’assainissement.
  • De renforcer la connaissance du secteur et de l’impact des politiques en réalisant des études à l’échelle locale comme nationale afin de sous-tendre les politiques d’assainissement.
  • D’augmenter les financements publics pour l’assainissement. Attirer des ressources financières supplémentaires en mobilisant les financements des partenaires de l’APD, des ménages et du secteur privé.
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ACCÈS À L'EAU, À L'HYGIÈNE ET À ASSAINISSEMENT : UN DÉFI MAJEUR, NOTAMMENT DANS LES ZONES RURALES, ET DES ACTIONS À ACCÉLÉRER D'URGENCE

Le manque d’accès aux services d’assainissement reste un obstacle majeur au développement, notamment dans les pays les moins avancés. C’est particulièrement vrai en milieu rural pour les populations pauvres et en situation de vulnérabilité. En l’état actuel des choses, l’atteinte des cibles ODD en 2030 paraît très compromise sans un financement massif du secteur. Les agendas politiques doivent en reconsidérer l’importance, et en faire une priorité. 

Il est également crucial de ne pas s’en tenir aux mots : la mise en œuvre effective de ces politiques est urgente. C’est bien l’intégration de tous dans les mécanismes de décision qui sera garante de la réussite de ce défi majeur. Les plus vulnérables doivent donc participer directement au processus : l’approche doit être participative !