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AU MALI, LE SIF FACILITATEUR DU PROJET D’INTÉGRATION DES TALIBÉS

L’ONU a proclamé le 24 janvier comme la Journée internationale de l’Éducation, afin de célébrer le rôle de l’éducation dans la construction de la paix et dans le développement. Selon l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), près de 263 millions d’enfants de 6 à 17 ans ne sont pas scolarisés. Sans une éducation inclusive et équitable de qualité, les pays ne parviendront pas à briser le cycle de la pauvreté qui laisse de côté des millions d’enfants, de jeunes et d’adultes.

Photo enfants talibé
Photo enfants talibé
Photo enfants talibé

Dans des contextes d’urgence comme de développement, le SIF met en œuvre des projets de protection et de soutien à l’éducation en s’adaptant aux spécificités locales. La plus-value du SIF se trouve dans l’action directe auprès d’enfants oubliés des programmes de développement et dont l’accès est difficile pour les autres partenaires.

Au Mali, alors que près de 50 % de la population a moins de 15 ans, les jeunes représentent une catégorie peu visée par l’action et les programmes des acteurs humanitaires. Le SIF y intervient depuis 2016 auprès des jeunes talibés*, en collaboration avec le ministère de l’Education nationale et les Associations de Maitres coraniques (AMEC). Notre objectif, à Bamako et à Mopti, est d’améliorer leurs conditions de vie, leur inclusion socio-professionnelle et leur protection.

Âgés de 5 à 17 ans et souvent originaires de régions rurales et issus de familles très pauvres, les enfants talibés sont confiés par leurs familles à des écoles coraniques. Non reconnues par l’État, elles ne peuvent pas délivrer de diplôme et ne perçoivent aucune aide financière, ce qui oblige les enfants à mendier.

L’intervention et le plaidoyer du SIF ont suscité l’intérêt de beaucoup d’acteurs, dont des bailleurs de fonds, ce qui a permis de mettre en lumière les problèmes rencontrés par les talibés au Mali. Beaucoup d’acteurs ont par la suite souhaité aider les enfants des écoles coraniques en intervenant à travers diverses actions (prise en charge sanitaire, lutte contre la pratique de la mendicité, insertion socioprofessionnelle, renforcement des compétences du personnel enseignant, amélioration des apprentissages, etc.)

Le SIF est ainsi devenu facilitateur de la rédaction d’un décret sur l’intégration des écoles coraniques au sein du système éducatif et scolaire malien, ce qui a lancé une véritable dynamique et permis la mise en place d’un cadre de concertation sans précédent entre l’État et les écoles coraniques.

Les AMEC sont désormais préparées à échanger avec le ministère de l’Education nationale afin de réclamer davantage de droits pour les enfants talibés (droit à l’éducation, droit à la santé, etc.)

(*) Enfants confiés par leurs familles (souvent pauvres) à un maitre en sciences religieuses pour leur apprentissage.

«  Le SIF promeut l’inclusion effective des talibés dans le système formel pour qu’ils aient accès à leurs droits et puissent être inclus dans la société malienne. »

ÉDUCATION AU SAHEL : LE CHEMIN EST ENCORE LONG

La Coalition Éducation, dont le SIF fait partie, appelle aujourd'hui la France à intensifier ses efforts pour renforcer la capacité des acteurs éducatifs de la région, où les résultats figurent parmi les plus faibles au monde :

«  Le manque d’investissement met en péril des générations entières, l’avenir d’une sous-région et d’un continent. La France doit urgemment prendre le leadership au sein de la communauté internationale, pour changer la donne. Cette année sera marquée par la coprésidence franco-mexicaine du Forum Génération Egalité qui se déroulera en juillet 2020 à Paris pour célébrer les 25 ans de la Déclaration de Pékin. Des engagements concrets en faveur de l’éducation au Sahel devront y être pris. »

Lire l'intégralité de la tribune sur Libération.fr.
Publication : 24 janvier 2020