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Groupe Enfance : placer les droits de l’enfant au cœur du G7
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Groupe Enfance : placer les droits de l’enfant au cœur du G7
Le SIF et ses partenaires appellent à une action fort à un moment décisif
À l’approche de la réunion du G7, le SIF et ses partenaires du Groupe Enfance appellent à placer les droits de l’enfant au centre des discussions. Dans une année marquée par les conflits et les crises humanitaires, ce rendez-vous de juin constitue un moment décisif.
Le G7 doit agir dès maintenant pour protéger les droits fondamentaux des enfants à travers le monde.
2026 : un moment clé pour les droits de l’enfant
En 2025, plus d’un enfant sur cinq (520 millions) vivait dans une zone de conflit - soit plus que la population totale de l’Union européenne (Save The Children). Présent sur le terrain dans de nombreux pays, notamment au Liban, en Palestine et au Soudan, le SIF constate chaque jour l’impact direct des conflits sur les enfants. Les enfants font aussi de plus en plus face aux risques de catastrophes. Près d’un enfant sur deux, soit environ un milliard d’enfants, est exposé à un « risque extrêmement élevé » lié aux effets des changements climatiques (Unicef).
Ces crises contribuent également à une réalité alarmante : 412 millions d’enfants vivent dans l’extrême pauvreté à travers le monde.
Les coupes drastiques dans les financements publics de l’aide humanitaire, en France comme à l’international, ont un impact dramatique sur les enfants. Ils sont déjà des millions à subir les conséquences de ces réductions budgétaires, exposés à la mort, aux mutilations, à la famine, aux épidémies, aux déplacements, à l’extrême pauvreté ou encore à l’exploitation. Alors que la France assure la présidence du G7 en 2026, et à l’approche de la Conférence Nationale Humanitaire (CNH) ainsi que de la conférence internationale pour l’élimination des violences envers les enfants (EVAC) prévue en novembre, une opportunité unique se présente pour replacer les enfants au cœur de l’agenda international.
« Ne pas agir pour les enfants et l’accès à leurs droits – au-delà de contrevenir à la Convention internationale des droits de l’enfant – c’est rendre inefficaces les efforts en faveur du développement des sociétés et de la paix sur le long terme. Alors que le droit international humanitaire, les droits humains et les droits de l’enfant sont aujourd’hui attaqués, alors que nous faisons face à des coupes de financement répétées, disproportionnées, et aveugles aux conséquences sur les enfants, un sursaut est impératif.
A l’occasion de la présidence du G7, la France doit s’assurer que les enfants ne soient pas un sujet invisible ou secondaire, mais au contraire que les droits de l’enfant et l’investissement dans l’enfance soient consacrés comme une priorité ».
Laura L. F., Responsable de Plaidoyer adjointe – SIF
Les enfants : fondement de la stabilité mondiale
Membre du Groupe Enfance de la Coordination Humanitaire et Développement, qui rassemble 17 ONG (dont Secours Islamique France, Save the Children, Play International…), le SIF porte la conviction que la réalisation des droits des enfants est le socle de la stabilité mondiale.
Il est largement prouvé que les investissements dans l’enfance, que ce soit dans la santé, la nutrition ou l’éducation, figurent parmi les interventions les plus efficaces pour le développement socio-économique des sociétés et la paix. A titre d’exemple, chaque dollar investi dans l’éducation des filles en génère 5, et chaque dollar consacré à la vaccination des enfants en rapporte 60. Cet effet levier justifie de considérer les enfants et leurs droits comme une cible prioritaire et stratégique de l’APD.
Le G7 peut agir sur plusieurs priorités :
1. Intégrer les droits de l’enfant comme une priorité dans la Déclaration finale du Sommet et les livrables des réunions ministérielles
La présidence française du G7 en 2026 constitue une opportunité majeure pour intégrer la protection de l’enfance dans tous les livrables des réunions ministérielles : climat, économie, numérique, entre autres.
2. Prioriser les financements en faveur des droits de l’enfant
Dans un contexte de réductions majeures de financements internationaux, la France a aussi supprimé l’an dernier plus de 2 milliards d’euros du budget d’aide internationale de la France, et 800 millions supplémentaires cette année.
Des réformes profondes sont nécessaires. Le G7 doit :
• Restaurer et protéger les budgets d’aide au développement
• Prioriser les services essentiels et les programmes dédiés aux enfants
• Créer un fonds dédié aux organisations œuvrant pour les droits de l’enfant
• Répondre à la crise de la dette des pays pour leur permettre d’investir dans l’enfance
• Encadrer strictement la participation du secteur privé et s’assurer de la non-substitution de l’investissement public par les capitaux privés
3. Renforcer la transparence et la redevabilité des financements
Au-delà des montants, la traçabilité des financements doit être repensée. Aujourd’hui, le système de suivi de l’aide de l’OCDE (CAD) ne comporte pas d’indicateur spécifique dédié aux droits de l’enfant.
Cette absence limite la visibilité des financements qui contribuent au bien-être des enfants et à leurs droits, alors même que les enfants représentent une part importante des populations vulnérables (40 % des personnes déplacées, Nations Unies, 2025).
Le G7 doit :
• Améliorer le suivi des financements dédiés à l’enfance
• Créer un indicateur spécifique « droits de l’enfant » dans l’aide internationale
• Renforcer la collecte de données désagrégées (âge, genre)
4. Placer les enfants au cœur de l’action humanitaire
Depuis sa création en 1991, le SIF place les droits de l’enfant au cœur de ses actions.
Sur le terrain, nous constatons que les enfants sont les premières victimes des crises : perte d’accès à l’éducation, précarité accrue, exposition à l’exploitation - en particulier pour les filles.
Les conflits entraînent également des conséquences psychologiques durables sur les enfants (lisez notre rapport sur les enfants dans les conflits armés). Une étude récente du SIF montre que, parmi les enfants ayant vécu le dernier conflit au Liban, 56 % déclaraient se sentir désespérés ou impuissants presque un an après le cessez-le-feu.
Pour garantir le respect des droits de l’enfant en contexte de crise, le G7 doit :
• Augmenter les financements humanitaires flexibles en faveur des enfants et affirmer la protection des enfants en contextes crises comme étant une intervention vitale
• Lutter contre l’impunité des crimes commis contre les enfants en renforçant les mécanismes de responsabilité, judiciaires ou non judiciaires (renforcer les mécanismes de justice internationale, soutien au Mécanisme de surveillance et d’information de l’ONU sur les enfants dans les conflits armés...)
• Mettre fin au recrutement d’enfants et leur enrôlement souvent forcé dans les forces et groupes armés
• Intégrer les droits de l’enfant dans toute initiative diplomatique pertinente en lien avec la défense et la promotion du DIH et tous les processus de paix.



