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Conflits armés : un nombre record de violations contre les enfants en 2025
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Conflits armés : un nombre record de violations contre les enfants en 2025
En 2025 le nombre d’enfants victimes de violations graves dans les conflits armés a atteint son niveau le plus élevé depuis la création du programme des Nations Unies consacré au suivi de ces violations, avec une hausse de plus de 6 % par rapport à l’année 2024, déjà marquée par des chiffres records. Le dernier rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité des Nations Unies, publié le 16 juin dernier, rapporte en effet plus de 38 558 violations, ayant touché 24 174 enfants.
Le rapport souligne le non-respect des obligations auxquelles sont tenues les parties aux conflits conformément au Droit international humanitaire (DIH) et au Droit international des droits de l’homme (DIDH), au détriment des populations civiles, y compris les enfants. Cette augmentation des violations graves s’explique en partie par l’utilisation d’armes explosives en zones urbaines peuplées, le recours accru aux drones ainsi que l’intégration croissante de l’IA dans le processus de ciblage (faible contrôle humain conduisant à des risques d’erreurs face à des données incomplètes ou peu fiables dans des situations de conflits volatiles). De nombreuses frappes aériennes ou menées par des drones continuent de viser régulièrement les populations civiles, dans les quartiers résidentiels, les sites accueillant des déplacés ainsi que dans les écoles et les hôpitaux, avec respectivement 1 680 et 813 attaques vérifiées par l’ONU.
Les forces gouvernementales en première ligne
Alors même que les États portent la responsabilité première de protéger les enfants, les forces gouvernementales sont celles qui ont commis le plus de violations (15 881) que les groupes armés non étatiques (15 616) selon le rapport. Elles sont les principales responsables des meurtres et mutilations d’enfants, des attaques contre les écoles et les hôpitaux ainsi que du refus d’accès à l’aide humanitaire, les privant d’accès à la santé, à la nutrition, à l’éducation et à d’autres formes d’assistance vitale et les exposant à des risques majeurs comme l’exploitation, le recrutement dans des groupes armés ou encore les mariages précoces.
Des chiffres alarmants
Le rapport indique qu’en 2025 ont notamment été vérifiés : 6 266 meurtres et 7 958 mutilations touchant 14 224 enfants ; 8 322 incidents liés au refus d’accès à l’aide humanitaire, avec plus de 300 travailleurs humanitaires tués ; 6 607 recrutements et utilisations d’enfants ainsi que 5 129 enlèvements d’enfants. Les plus grands nombres de ces violations graves ont été recensés en Israël et dans les Territoires palestiniens, avec 12 445 violations vérifiées, 4 114 en République démocratique du Congo, 2 560 au Nigéria, 2 203 au Myanmar et 2 195 en Somalie.
Les Nations Unies rappellent les obligations des États
Les Nations Unies réitèrent aux États membres leurs obligations en vertu du DIH et du DIDH :
• À respecter les droits et protections spécifiques accordées aux enfants en prenant toutes les précautions nécessaires afin de protéger les civils, les services essentiels et les acteurs humanitaires, tout en garantissant une assistance aux victimes ainsi que l’accès à l’aide humanitaire ;
• À s’abstenir d’utiliser des armes explosives dans des zones peuplées, à entreprendre des opérations de déminage et à inciter les États membres à devenir parties aux différentes conventions et protocoles relatifs aux armes et aux droits des enfants dans les conflits armés.
Des financements en baisse, des risques accrus
Malgré la protection ou la réintégration de 13 112 enfants anciennement associés à des forces ou groupes armés en 2025, la réduction des financements humanitaires consacrés à la protection de l’enfance et le retrait des opérations de paix de l’ONU dans certaines régions du monde ont réduit les capacités de l’Organisation à vérifier les violations graves et à y répondre.
En l’absence de programmes et de personnel humanitaire dédiés à la protection des enfants dans les zones de conflit, davantage d’enfants sont victimes de violations, et ces dernières seront moins documentées et signalées, renforçant ainsi l’impunité des auteurs.
La France appelle à agir
Lors de son intervention à la séance du Conseil de sécurité sur la protection des enfants dans les conflits armés, la France a rappelé l’importance du mécanisme de suivi et de communication de l’information (MRM), qui permet « de recenser avec impartialité et rigueur les cas d’atteintes aux droits des enfants en situation de conflits armés. Là où elles existent, les opérations de paix sont essentielles pour la collecte de données fiables et objectives ».
Faisant état du nombre élevé d’enfants palestiniens (représentant près d’un tiers des violations vérifiées par le rapport), ukrainiens et haïtiens (représentant près de la moitié des membres des gangs) victimes de violations graves, la France a appelé le Conseil à « agir de manière résolue » pour :
1. Sanctionner les groupes et forces armées auteurs de ces violations ;
2. Exiger des parties aux conflits le respect du DIH et du régime de protection spéciale accordée aux enfants ;
3. Appeler les parties aux conflits à coopérer avec les Nations Unies ;
4. Soutenir davantage les institutions judiciaires nationales et internationales.
Elle a conclu son discours en rappelant la responsabilité de l’ensemble des États et a appelé ceux qui ne l’ont pas encore fait à ratifier les différents protocoles et engagements relatifs aux droits de l’enfant et à les mettre en œuvre.
Le SIF appelle à renforcer la protection des enfants
Le SIF a rencontré la Représentante spéciale des Nations Unies pour les enfants dans les conflits armés, Vanessa Frazier, le 1er juillet 2026, en amont de sa rencontre avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. La Représentante spéciale a présenté les principales conclusions du rapport annuel sur les violations graves et le SIF a pu échanger sur ses priorités et recommandations de plaidoyer[1].
Le SIF salue les recommandations de la France lors de son intervention à la séance du Conseil de sécurité sur la protection des enfants dans les conflits armés mais continuera d’interpeller les décideurs, face au non-respect du Droit international par les parties aux conflits et aux coupes budgétaires, y compris de la France, dans l’aide publique au développement :
1- Stopper les attaques contre les enfants : la France doit utiliser tous les leviers diplomatiques à disposition pour s’opposer au recul du respect du DIH, des droits humains et des droits de l’enfant ;
2- Lutter contre l’impunité : la France doit condamner systématiquement les violations des droits de l’enfant et renforcer les mécanismes de responsabilisation et de sanction ;
3- Prioriser et transversaliser la protection de l’enfance dans la réponse humanitaire : la France doit veiller à ce que la protection des enfants soit au cœur de la mise en œuvre de sa Stratégie humanitaire et de la réforme du système humanitaire en cours aux Nations Unies.
Retrouvez nos recommandations plus détaillées dans notre note de positionnement « Enfants dans les Conflits Armés »[2], publiée en juin 2025, et notre rapport intitulé « Enfants dans les Conflits Armés : Comment mieux les protéger ? »[3], publié en avril 2025.
[1] Ces propositions sont présentées et développées plus en détail dans la note de positionnement du SIF, « Enfants dans les Conflits Armés : Comment mieux les protéger ? », énoncées en fin d’analyse.




