Le silence des palestiniens

 
   
     
 

 
 

Comment la société palestinienne, déjà asphyxiée par la crise, pouvait elle résister à plus d’un an de boycott international ? Que peuvent bien faire les palestiniens coincés dans l’étau qui se resserre sur eux jour après jour ? Aujourd’hui, dans une société quasi disloquée, les familles palestiniennes subissent leur quotidien en silence et attendent un jour nouveau.

Une interminable attente
Depuis plusieurs semaines le territoire palestinien vit au rythme de l’attente. Les points de passage dans la Bande de Gaza sont presque tous fermés. Depuis l’Egypte, 3.500 personnes attendent patiemment de rentrer à Rafah alors que plus de 400 cas médicaux attendent de pouvoir sortir du territoire. Le passage de Karni, vital pour le transit des marchandises, notamment humanitaires, est verrouillé ; ce qui peut à court terme entraîner une terrible pénurie alimentaire. Une étude du PAM indique que les stocks de marchandises de base (farine, sucre, riz etc.) seront épuisés dans deux à trois semaines. Même si les grossistes locaux disposent d’importants stocks par crainte du blocus des importations, il ne reste qu’une dizaine de jour de denrées disponibles. D’ailleurs, l’UNRWA, qui fournit l'aide alimentaire à plus de 800 000 réfugiés de la Bande de Gaza, est très inquiète : 104 de leurs conteneurs de produits alimentaires sont bloqués dans le port d’Ashdod, du fait de la fermeture du passage de Karni.

Des infrastructures obsolètes
La destruction partielle de la seule centrale électrique de Gaza a réduit de moitié l’alimentation électrique de la zone. Des générateurs à essence ont tout de suite pris la relève de la centrale mais cela ne pourra certainement pas durer car la pénurie d’essence s’annonce déjà et les stocks de carburant, notamment, ceux des hôpitaux et des ambulances seront bientôt épuisés. Des agences internationales ont tenté d’intervenir en apportant du carburant : CICR 20 000 litres, l’UNICEF 50 000 litres et l’OXFAM 40 000 litres. Actuellement, les habitants reçoivent en moyenne 6 à 8 heures d'électricité et 2 à 3 heures d'eau par jour. La majorité des ménages palestiniens vit sous le seuil de pauvreté, leur capacité à acheter des provisions, de l’eau et du combustible est limitée. Que dire de plus aujourd’hui, alors que tout vient à manquer ?

 

L’action du Secours Islamique France
Au-delà des conflits politiques, de nombreuses vies innocentes sont menacées. Pour venir en aide au plus grand nombre et pallier à des besoins importants, le Secours Islamique France lance un appel afin d’acheminer rapidement une aide sanitaire et en équipements. Le Secours Islamique souhaite conduire un convoi de 2 500 jerricanes, 5 000 couvertures, 2 500 kits de cuisine, 2 500 kits d’hygiène, 100 tentes collectives, 20 groupes électrogènes, du matériel médical, et pour se faire 256 000 euros doivent être mobilisés.

Le territoire palestinien est certainement le lieu le plus isolé au monde, où personne n’aspire à être. Aucun mot ne peut plus exprimer le poids du calvaire de ces femmes, de ces enfants et de ces hommes qui, pour ne pas sombrer dans l’abîme, n’ont pas d’autre choix que de faire preuve de patience.

La vie est précieuse, mobilisons-nous.

 

        

 

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Le Secours Islamique est une ONG, membre consultatif au Conseil Économique et Social des Nations unies et membre de l’ECHO (Office humanitaire de la Commission européenne).