Territoire Palestinien Occupé : le SIF soutient la résilience des populations

Sortir les Palestiniens de l’asphyxie, soutenir la résilience des plus vulnérables sont les objectifs du SIF sur le Territoire Palestinien Occupé.

Il y a 70 ans plus de 700 000 Palestiniens étaient contraints de fuir leurs foyers. C’est cet exode que commémore la Marche du retour, actuellement réprimée dans le sang.

Le Territoire Palestinien Occupé est constitué par la Bande de Gaza et la Cisjordanie, annexés en 1967 par Israël et sous administration palestinienne.

Pénuries d’eau, insécurité alimentaire, difficultés d’accès aux terres agricoles, à la santé, à l’éducation, chômage massif : la situation humanitaire n'a cessé de se dégrader depuis le blocus instauré il y a dix ans.

« Imagine qu’en 2018, tu n’as l’électricité que trois à quatre heures par jour ! Toute la vie s’en trouve bouleversée : les soins hospitaliers, l’économie, les travaux domestiques. Les stations d’épuration d’eau sont à l’arrêt, la pollution des nappes phréatiques et des rivages se propage. » Chef de mission à Gaza, Adel Kaddum se bat avec son équipe pour améliorer le quotidien des Gazaouis et leur donner des outils de résilience.

Une situation humanitaire désastreuse, aggravée par le blocus

Dans la bande de Gaza 95% de l’eau est polluée et 47% des habitants souffrent d’insécurité alimentaire. En Cisjordanie également l’accès à l’eau est rare.  25% de la population n’en reçoit qu’une fois par semaine ou moins. 30% des foyers ne se nourrissent pas suffisamment. 84% des Gazaouis ont besoin d’une aide humanitaire selon l’ONU.

Depuis 10 ans, le blocus sur les personnes et les marchandises imposé par Israël coupe les habitants de Gaza reste du monde. Il asphyxie l’économie et empêche la reconstruction des habitations détruites durant les bombardements de 2014. « Prison à ciel ouvert », Gaza est aussi l’un des territoires les plus densément peuplés au monde. Près de deux millions de personnes s’entassent dans l’étroite bande de 41 km de long et 6 à 12 de large.

Aucune jonction n’existe entre Gaza et la Cisjordanie, l’autre entité du Territoire Palestinien Occupé. Les Cisjordaniens (près de trois millions d’habitants) sont quant à eux isolés par un mur érigé depuis 2002 par Israël. Pour venir en aide à la population palestinienne, le SIF gère donc deux missions l’une à Gaza, l’autre en Cisjordanie, chacune en charge de ses projets et de leur logistique.

Les actions du SIF : accès à l’eau et assainissement, soutien à l’autonomie agricole, résilience des orphelins

Malgré des besoins humanitaires considérables, les ONG sont peu nombreuses à intervenir aux côtés de l’ONU sur le Territoire Palestinien Occupé. La priorité du SIF va à l’accès à l’eau et son assainissement, au développement d’activités rurales de subsistance et au soutien à l’enfance.

Approvisionner en eau et assainir

Parmi les projets réalisés en 2017 ou en cours, 153 foyers ont été connectés au réseau d’assainissement des eaux à Rafah dans la bande de Gaza. Un objectif identique est assigné pour 2018.

En Cisjordanie, la réhabilitation de trois sources naturelles bénéficie à 160 familles d’agriculteurs (900 personnes). Elle a pu être réalisée grâce à la construction de deux citernes de stockage et d'un bassin agricole et la mise en place de plusieurs kilomètres de système d'irrigation. Le SIF a également aménagé 34 serres domestiques et 29 jardins potagers pour améliorer les moyens d'existence de plus de 300 personnes.

Soutenir l’autonomie agricole

L’autonomie agricole est un point clé, non seulement de la sécurité alimentaire mais aussi de la résilience économique, alors que le manque d’eau et les destructions récurrentes inhibent le potentiel agricole.

Associé à l’université d’Al Azhar de Gaza, le SIF soutient la culture de betteraves, brocolis et céleris, légumes à haute valeur nutritive, peu consommateurs en eau.

Il forme et équipe aussi des éleveurs bovins, afin d’augmenter leur production laitière et de produire des fromages.

Reconstruire pour permettre une vie décente

Reconstruire les habitations détruites en 2014 est une priorité, en particulier pour protéger les enfants », estime le chef de mission à Gaza. Sur les 17 000 habitations détruites durant les bombardements de l’été 2014, seulement le quart a été reconstruit. Faute de moyens financiers, mais aussi en raison du blocus. Organiser l’importation des matériaux nécessaires est un défi qui nécessite une extrême rigueur logistique. En 2018, le SIF projette de réhabiliter 50 habitations où vivent des orphelins à Gaza.

Soutien à l’enfance et aux orphelins

Bombardements et surpopulation, avec la violence qui les accompagne, affectent particulièrement les enfants. Parmi les familles déplacées à la suite de bombardements ou de destructions, 30% vivent dans un abri constitué d’une seule pièce, selon une estimation du Conseil Norvégien pour les réfugiés fin 2017.

Pour améliorer leur condition et leur donner des perspectives, le SIF construit des crèches et met sur pied des ateliers récréatifs.

4 200 orphelins à Gaza et 800 enfants en Cisjordanie bénéficient ainsi de projets de soutien à la résilience. 

« Nous frisons la catastrophe » : Besoins humanitaires accrus, aide internationale réduite

Le rôle des ONG engagées localement comme le SIF est d’autant plus crucial, que l’ONU réduit son soutien en raison de la baisse de la contribution américaine.

« Avec l’explosion actuelle des besoins humanitaires, nous frisons la catastrophe », a mis en garde le Coordinateur humanitaire de l’ONU, Jamie McGoldrick en avril.

Le SIF maintient le cap avec des projets d’eau et assainissement, de sécurité alimentaire, de réhabilitation d’habitations et de protection de l’enfance.

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Publication : 17 Mai 2018