A l'international

Populations civiles et travailleurs humanitaires ne doivent pas être une cible

Durant les six premiers mois de l’année 2017, une centaine de travailleurs humanitaires ont été tués. A l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, le SIF et ses partenaires rappellent que les populations civiles et celles et ceux qui leur viennent en aide ne doivent pas être pris pour cible dans les conflits.

 
La communauté internationale se mobilise chaque année le 19 août pour interpeller les décideurs politiques et rappeler la situation des personnes prises au piège des conflits armés ou affectées par les catastrophes climatiques, mais aussi celle des hommes et des femmes qui leur apportent une aide humanitaire, souvent au péril de leur vie, dans les différents terrains de crise à travers le monde.
 
Les équipes du SIF ont porté assistance aux personnes déplacées fuyant les combats de Mossoul, en Irak
 

Une situation humanitaire mondiale qui continue de s’aggraver

Les crises qui se prolongent, comme leur intensité, ne cessent de creuser l’écart entre des besoins humanitaires qui augmentent d’année en année et les moyens déployés pour y répondre, dans plusieurs régions du globe.
  • Plus de 128,6 millions de personnes ont besoin actuellement d’une assistance humanitaire dans 33 pays
  • Plus de 65 millions de personnes sont déplacées en raison de conflits, de violences ou de persécutions
  • Plus de 20 millions de personnes, dont 1,4 million d’enfants, sont au bord de la famine au Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen  
  • Les affrontements en Afghanistan provoquent depuis plusieurs années des déplacements massifs de population
  • L’absence de solution politique en Syrie aggrave le sort de 13 millions de Syriens ayant besoin d’une assistance humanitaire à l’intérieur du pays
  • L’insécurité alimentaire dans le Sahel plonge des milliers de foyers dans une situation critique. 
Aujourd'hui, seuls 52% des besoins humanitaires sont couverts, selon le Bureau de coordination de l’aide humanitaire des Nations unies (OCHA). En effet, d'après OCHA, 22,2 milliards de dollars sont nécessaires pour répondre aux besoins des 92,8 millions de personnes les plus vulnérables. Or, à ce jour, seuls 11,4 milliards de dollars ont été fournis par des donateurs en réponse aux appels d’OCHA. 
 
« Il est déplorable qu’avec l’escalade persistante des besoins humanitaires, l’écart se creuse davantage entre ce qui doit être fait pour sauver et protéger un plus grand nombre de personnes actuellement et les financements que les humanitaires reçoivent pour le faire et pouvoir y accéder », déplore Stephen O’Brien, Secrétaire général adjoint d’OCHA.
 

Un accès humanitaire entravé par les violations du Droit Humanitaire International

Au-delà de ces enjeux financiers, l’accès humanitaire est gravement entravé dans des pays comme l’Irak, le Soudan du Sud, la Syrie ou le Yémen par les parties aux conflits, ce qui impacte directement des millions de personnes ayant besoins de services vitaux. La violence à l’égard du personnel et du matériel humanitaire a entrainé des conséquences dévastatrices pour les civils.
 
Durant les six premiers mois de 2017, au moins 104 travailleurs humanitaires ont été tués, au moins 72 ont été blessés et 97 kidnappés à travers le monde. Ces faits répertoriés par les organisations humanitaires sont passés sous silence par manque de mécanisme de suivi international des violences à l’égard des humanitaires et de sanction à l’encontre des auteurs de ces crimes.
 
C’est dans ce contexte que des initiatives se sont créées, comme le Groupe de travail pour la protection de l’action humanitaire, pour plaider d’une voix commune pour le respect du Droit humanitaire international (DIH) et des Principes humanitaires, afin de garantir une protection aux personnes civiles touchées par les conflits et aux acteurs de l’aide.
 

Un appel lancé aux Etats et aux parties aux conflits

A l’occasion de la journée mondiale de l’aide humanitaire, nous voulons rappeler aux Etats et aux parties aux conflits leur responsabilité et leur obligation de :
  • Prévenir les conflits
  • Respecter et faire respecter le Droit international humanitaire et les Droits de l’Homme
  • Prendre des mesures pour empêcher les attaques en direction des civils et des actions humanitaires
  • Prendre des sanctions à l’encontre des auteurs de crimes
  • Garantir l’accès humanitaire pour une aide effective, universelle, impartiale, neutre et indépendante.
 

Faites entendre votre voix

Ensemble, demandons aux leaders mondiaux de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les millions de civils victimes de ces conflits armés.