Madagascar

 

un village mobilisé pour mieux gérer ses ressources en eau

 
Grâce à l’appui du Secours Islamique France et à la mobilisation de tous les villageois, la communauté de Nosy Ambositra, à Madagascar, s’est dotée d’un nouveau barrage qui permet d’irriguer les cultures. Une belle réussite qui suscite depuis d’autres initiatives.
 
Pour se rendre à Nosy Ambositra, il faut emprunter une piste cahoteuse durant plusieurs heures, puis terminer à pieds sur 3 kilomètres. C’est dans ce fokontany (village malgache) très enclavé que nos équipes présentes à Madagascar se sont rendues pour travailler avec les villageois afin de mieux utiliser les ressources en eau et d’améliorer la production agricole.
 
 

 

Un enjeu vital face à l’insécurité alimentaire

 
La plupart des habitants de Nosy Ambositra étant agriculteurs, la gestion de l’eau est vitale. Les problèmes principaux que connaît le village, qui vit essentiellement de la riziculture, sont à l’image des difficultés de Madagascar : famine, insécurité alimentaire et maladies. Rares sont ceux, dans le village, qui disposent d’électricité (uniquement grâce à des panneaux solaires, la société nationale d’eau et électricité ne desservant pas la zone), de WC ou de douche.
 
Après avoir rencontré M. Julien, le chef du fokontany, et les membres des Associations des usagers de l’eau (AUE), les équipes du SIF ont décidé de soutenir la construction d’un barrage afin d’améliorer le périmètre irrigué. Auparavant, l’eau était gérée difficilement. Un barrage en terre avait déjà été édifié par les générations précédentes, mais le réseau de canaux était entretenu au bon vouloir de chacun.
 

300 hectares de rizières irriguées

 
Environ 20 000 € ont donc été investis et les travaux ont pu être achevés au cours de l’année 2016. L’eau provient d’une source souterraine, à l’emplacement du précédent barrage. Aujourd’hui, près de 300 hectares de rizières sont irriguées grâce à cet ouvrage. Et, en plus de servir à l’irrigation, le site est devenu un endroit clé pour la communauté qui utilise l’eau pour boire, se laver, faire la lessive…
 

Une communauté très engagée

 
Pour autant, le projet n’a pas été un long fleuve tranquille… Les travaux du barrage ont été longs et fastidieux. Il a fallu commencer par dégager la route, en rétribuant des volontaires, pour qu’un camion puisse acheminer les fournitures et matériaux de construction, puis effectuer un drainage de la zone en désensablant le canal. La collaboration avec la population a été exemplaire sur cette activité. Les bénéficiaires, malgré leur grande pauvreté, se sont montrés très enthousiastes et ont contribué chacun à leur manière au projet (bénévolat, dons de denrées alimentaires ou autres…) !
 
Malgré ce formidable élan, tout ne coulait pas de source. Lors d’une réunion communautaire après la mise en service, des agriculteurs se sont plaints de ne plus recevoir d’eau d’irrigation. Certains estimaient que le barrage n’était pas assez haut, le débit trop faible, d’autres ont même proposé de refaire le barrage en terre… Les discussions ont été longues et agitées. Le problème provenait en fait de l’entretien des canaux d’irrigation. Nous avons donc suggéré aux villageois de procéder au curage de tous les canaux. A notre grande surprise, ils n’ont pas attendu l’équipe SIF pour s’y mettre. Un mois après le problème était résolu. La participation communautaire présente de très nombreux avantages qui compensent largement les difficultés inhérentes au travail collectif. Cet exemple en est une illustration criante.
 
 

Des nouveaux projets à l’initiative des habitants

 
Afin d’assurer la pérennité du barrage et du périmètre, une nouvelle Association d’usagers de l’eau a été structurée et est appuyée régulièrement par nos techniciens. Ses membres sont très engagés et réfléchissent déjà à d’autres projets. Nous avons visité une autre source abondante quelques kilomètres plus loin où l’eau est mal valorisée, par manque d’infrastructure. Au vue de la motivation de la communauté, le responsable travaux du SIF va étudier la faisabilité d’une infrastructure et sa pertinence. Si les financements le permettent, il y aura, là encore, une belle opportunité de valorisation de la zone agricole de Nosy Ambositra.
 
Si la gestion de l’eau est un enjeu majeur, l’absence de mécanisation présente aujourd’hui des limites difficiles à surmonter. Nombreux sont ceux qui ont des terres arables non cultivées par manque de temps. Sans aller vers un productivisme débridé, cette carence devra inéluctablement être prise en compte dans le cadre des stratégies d’appui au secteur agricole, que ce soit par le SIF ou par les autres acteurs spécialisés, y compris les autorités locales.
 
 
 
 
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