MADAGASCAR : DES ÉCHANGES INNOVANTS SUR LA RIZICULTURE

Les échanges directs entre paysans s’avèrent souvent bien plus bénéfiques que des formations théoriques dispensées par des techniciens éloignés de leurs préoccupations. C’est pour cette raison que nous avons décidé de réunir 25 paysans et 8 agents communautaires du Secours Islamique France des zones rizicoles du district de Morombe, à Tanandava Station, à Madagascar, pendant deux jours du mois de mars 2017. Leur objectif : discuter ensemble des innovations dans le domaine rizicole et échanger leurs expériences afin d’optimiser leurs rendements.
 
Un agriculteur apprend à sarcler dans une rizière, lors d'une formation pratique organisée par le Secours Islamique France
 

De fortes réticences, faute d’exemples pratiques

 
Malgré de nombreuses formations organisées sur le repiquage en ligne et plus généralement les techniques du Système de riziculture intensive (SRI), une majorité des bénéficiaires du projet Avotia restaient réticents à ces innovations. Jusqu’à 80% de nos bénéficiaires pratiquent la riziculture, mais leurs rendements dépassent rarement les 3 tonnes par hectare. Dans des conditions similaires mais avec des techniques plus performantes, ils pourraient espérer des rendements allant de 4 à 8 tonnes par hectare. Sachant qu’un Malgache consomme en moyenne 200 kg de riz par an, c’est loin d’être anecdotique !

Une formation sur le terrain

La première de ces deux journées d’échange a débuté par un atelier pratique : le repiquage en ligne, plus précisément en carré, afin de permettre un sarclage mécanique, mais également d’optimiser la production. Chacun a eu l’occasion d’expliquer ses motivations et réticences par rapport à ces pratiques. Une formation plus théorique sur le SRI a ensuite été dispensée par l’équipe du SIF. En fin de journée, les participants sont allés sur le terrain, afin de discuter des Associations des usagers de l’eau autour d’infrastructures du Mangoky. 
 
Le lendemain, la matinée a été consacrée à la pratique du sarclage. Le sarclage consiste à « nettoyer » la parcelle des « adventices » (ici, tout ce qui n’est pas du riz). Il peut être manuel ou mécanique. L’objectif est de ne pas laisser la végétation prendre le dessus sur le riz et de lui faire concurrence sur plusieurs éléments (eau, lumière, nutriments…). Dans une suite logique, si le riz n’est pas repiqué en ligne, il est impossible de mécaniser. Chaque groupement s’est vu remettre une sarcleuse/bineuse en amont de l’atelier.

Apprendre des autres et aux autres

« Nous avons déjà suivi des formations sur le SRI mais elles étaient très théoriques. Cette fois-ci, j'ai eu l'occasion de pratiquer et je suis entièrement convaincu, se réjouissait M. Gustave, venu de Nosy Ambositra pour participer à cette réunion. Je vais moi-même pratiquer ces techniques, étant donné l'augmentation de rendement que nous pouvons espérer. Et je vais diffuser ces techniques auprès de mes pairs. Cela nous permettra d’économiser des semences, du temps et de l'argent. » 
 
Comme M. Gustave, chacun des participants va bénéficier de l’appui d’un technicien pour diffuser ces nouvelles techniques dans leurs villages respectifs. L’équipe du SIF et les agriculteurs présents se sont fixés l’objectif d’augmenter leur rendement de 4 et 6 tonnes par hectare et par an. Les variétés vulgarisées sont à cycle court et les paysans devraient donc être en mesure de faire une récolte de plus dans l’année sur leurs parcelles irriguées.
 
Avril 2017