Somalie : pas question de vivre dans un dépotoir

 
La Somalie est l’un des pays au monde qui compte le plus de personnes déplacées (qui ont dû fuir de chez elles en raison de la famine, de l’insécurité, des dérèglements climatiques etc.) à l’intérieur de son propre territoire. De nombreux camps voient alors le jour, notamment près de la ville de Kismayo, au sud-est du pays, où le SIF a des équipes opérationnelles. Dans les camps de personnes déplacées internes à Kismayo, on estime la présence de pas moins de 6 059 ménages (avec 7 personnes en moyenne par famille), soit l’équivalent de 42 400 individus.
 
Les conditions d’hygiène dans lesquelles vivent ces personnes sont déplorables. Et pour cause ! Les standards sanitaires sont très loin d’être respectés et, de fait, les maladies infectieuses se propagent à vive allure. Depuis novembre 2015, le seul service de ramassage d’ordures digne de ce nom est fourni par le SIF, à travers un projet pilote. Ce projet, mis en place dans un camp en particulier, a assuré la livraison de 16 ânes et charrettes à des ménages, pour qu’ils puissent prendre en mains le ramassage de détritus d’environ 1 120 personnes, et les transporter à la décharge située à 6 km du camp. Ainsi, 48 tonnes d’ordures ont été déplacées et cette activité a permis aux propriétaires des ânes de gagner un revenu moyen de 890 € durant les 6 mois, la période de l’opération.
 
 
Suite au succès de ce projet pilote, le SIF a voulu augmenter l’impact de cette aide en intervenant dans davantage de camps, sur le même modèle, quoique légèrement amélioré au vu de quelques dysfonctionnements repérés dans sa première version. Depuis le 1er août et jusqu’à fin décembre, le nouveau projet  du SIF est mis en œuvre dans 15 camps localisés aux alentours de Kismayo. Le but est de permettre à un total de 2 625 bénéficiaires de vivre dans des conditions d’hygiène décentes. Les 15 ménages (105 personnes) qui se chargent du ramassage des déchets sont les premiers bénéficiaires de notre action, puisqu’ils tirent de cette activité un revenu. Aujourd’hui, d’autres composantes intègrent également notre approche. Effectivement, sur un mois, si 10 jours sont consacrés au ramassage d’ordures, 16 le sont à la distribution d’eau potable et 2 jours sont réservés à la collecte et la distribution de bois pour chauffer les habitations. Ainsi, ce projet s’inscrit dans une logique de développement durable.
 
Si fin 2016 ce projet continue d’enregistrer des résultats acceptables, il est possible qu’il soit renouvelé en mars 2017 pour une année entière, en l’élargissant à de nouveaux camps où aucun service n’est délivré.