Grèce : le SIF auprès des réfugiés

Dans la ville de Malakasa, à 40km au nord d’Athènes, plus de 1 300 réfugiés sont établis dans un camp géré par l’armée grecque. Sur les 31 camps de réfugiés formels que compte la Grèce, tous voient leur capacité d’accueil saturée, face à la présence de près de 60 000 réfugiés et demandeurs d’asile présents dans le pays. A Malakasa, la plupart des exilés sont afghans, issus des peuples Hazaras, Tadjiks et Pachtounes. Leurs conditions de vie sont alarmantes et leur accueil indigne.

 

Les femmes et enfants ont besoin de protection et d’éducation

Après une mission exploratoire dans le camp, le Secours Islamique France (SIF) a décidé d’intervenir pour pallier le manque préoccupant d’éducation. L’intervention du SIF s’inscrit dans le cadre du Greece Regional Refugee Plan pour la réponse humanitaire aux besoins des  refugiés en Grèce. Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), la population du camp (1 315 personnes) est composée de 50% d’hommes, 25% de femmes et 25% d’enfants*. Ainsi, pour porter assistance aux réfugiés de Malakasa, notamment aux enfants, aux adolescents et aux femmes, et répondre aux besoins criants en matière de protection et d’éducation informelle, le SIF y a mis en place un projet novateur. Le double objectif du projet est, d’une part, d’assurer un accès à la protection, à l’éducation informelle et à l’apprentissage pour les femmes et les enfants, mais également de mettre en place des mécanismes communautaires au sein du camp impliquant des dynamiques participatives de la part des réfugiés.
 

 

Un kit éducatif et i-Tech 

Le projet étant déjà lancé depuis quelques semaines, les équipes du SIF se concentrent aujourd’hui sur la constitution d’espaces protégés pour les enfants et les femmes. Dans l’espace appelé « Child Friendly Space », notre partenariat avec Bibliothèques Sans Frontières permet la mise à disposition d’une Ideas Box. Il s’agit dune médiathèque en kit qui tient sur deux palettes ; elle s’ouvre en moins de 20 minutes pour créer un espace culturel de 100m². Dotée d’une connexion Internet, d’une vingtaine d’ordinateurs et de tablettes tactiles, de livres électroniques et papier, et d’un home cinéma, elle est une formidable boîte à outils dans laquelle enfants et adultes peuvent venir se changer les idées. Cette installation vient en guise de support psychosocial afin de favoriser l’accès aux savoirs, à l’information, à l’apprentissage des langues, à la lecture et aux ressources informatiques pour les enfants plus ou moins jeunes. Une attention particulière est portée aux enfants non accompagnés par leurs parents.

 

Un espace pour être écoutée et accompagnée

L’autre espace, le « Women Friendly Space » vise, quant à lui, à prévenir des violences faites aux femmes, à les socialiser en vue de construire des liens entre elles au sein de la communauté, mais a également vocation à leur permettre de recevoir un soutien social ainsi que des informations sur les questions relatives à leurs droits, à la santé, et aux services.
Nous sollicitons l’implication de l’ensemble des réfugiés pour le bon déroulement de ce projet, aussi pour répondre au mieux à leurs besoins. L’Ideas Box, qui profite à tous, est la force de notre projet. Comme le dit son inventeur :
 
« Quand on a tout perdu, quand on n'a plus rien, la seule chose qu'on ne peut pas vous enlever c'est le rêve ».

 

Une Ideas Box c’est :

 

Apres la Macédoine, le SIF intervient auprès des réfugiés laissés-pour-compte en Grèce

 
Des milliers de personnes continuent à  fuir les guerres en Syrie, en Irak ou en Afghanistan depuis maintenant plus de 5 ans. Il y a un an, les projecteurs étaient braqués sur la route des Balkans que les réfugiés et demandeurs d’asile empruntaient pour tenter de rejoindre les pays du Nord de l’Europe.  En 2015, au moment où le Secours Islamique France a ouvert sa mission d’urgence en Macédoine, 3 500 personnes transitaient chaque jour par ce pays ; avant de voir les frontières se fermer les unes après les autres suite à la décision de plusieurs pays européens.
 

1/3 des réfugiés bloqués en Grèce sont des enfants

Est-ce la réponse politique attendue ? Il est évident que non. L’accord UE-Turquie conclu en mars 2016 pour réguler le flux de réfugiés suscite de sérieuses questions quant au respect du droit international et en particulier le refoulement à la frontière. La situation en Grèce est aujourd’hui catastrophique : 60 000 personnes sont bloquées dans le pays dont 1/3 sont des enfants. Les populations vivent dans des conditions inhumaines, les camps formels et informels ne sont pas adaptés à un accueil semi-permanent, ce qui les expose de plus en plus aux risques sanitaires et sécuritaires.
 

Grèce : améliorer les conditions d’hygiène et l’accès à l’eau potable

Dans ce contexte et face à l’urgence, le SIF a ouvert une mission en Grèce en mai 2016, où nous intervenons pour la première fois depuis la création de notre ONG.
Dans la ville de Polykastro (au nord de la Grèce), au sein d’un camp informel situé sur l’emplacement d’une station essence, le SIF a contribué à favoriser le bien-être et renforcer la dignité de 2 300 réfugiés et demandeurs d’asile. Le projet a eu pour objectifs d’améliorer les conditions d’hygiène, de fournir des latrines et d’en assurer la maintenance, mais aussi de garantir l’accès à l’eau potable. Ce camp nommé « Eko gaz station », se trouvait tout près du camp d’Idomeni, où durant de nombreux mois plus de 10 000 personnes y étaient regroupées, avant d’être évacuées au printemps 2016.
 

Evaluation : répondre aux besoins basiques des personnes en Grèce

Retrouvez notre article écrit pour le journal de la plate-forme des ONG européennes VOICE, c’est là l’occasion de faire état d’une situation particulièrement préoccupante pour les enfants vivant dans les camps, et dont l’avenir est bousculé par le manque d’accès aux services de base, et aux droits fondamentaux comme l’éducation. La plate-forme VOICE porte la voix de ses membres auprès des instances européennes pour que les politiques prennent en compte la réalité du terrain à laquelle les acteurs de l’aide sont confrontés. Espérons que ce message soit entendu pour que la dignité des personnes soit au cœur des préoccupations.
Vous trouverez l’article page 8 en cliquant ici
 
Voici la traduction en français
 
« Nous avons besoin d’éducation pour nos enfants. Nous avons fui la Syrie à cause de la guerre, nous avons fait face aux dangers en traversant de nombreux pays mais aussi la mer, et nous sommes désormais bloqués en Grèce. Nous ne pouvons pas continuer notre chemin vers l’Europe centrale. Les Grecs sont très généreux, nous ne manquons ni de repas chauds, ni d’abris où dormir. Mais pour nos enfants, nous rêvons d’un avenir meilleur dans lequel ils pourraient aller à l’école, comme cela était le cas en Syrie avant la guerre. »
 
C’est le souhait d’un réfugié syrien venu d’Alep, qui se trouve actuellement avec sa famille dans un camp sur l’île de Chios. Comme lui, de nombreux autres réfugiés se demandent ce que l’avenir peut bien réserver à leurs enfants, eux qui ne sont pas aller à l’école depuis le début de la guerre en Syrie.
 
Février 2016 marque la fermeture de la route des Balkans qui permettait l’accès à l’Union européenne, renforcéa fortiori par l’accord conclu entre cette dernière et la Turquie le 20 mars dernier. Par conséquent, plusieurs milliers de réfugiés se sont vus laissés-pour-compte en Grèce, pays qui s’est confronté au défi de les accueillir. Un élément majeur qui jouera un rôle important dans la programmation de la réponse humanitaire en Grèce est l’intégration de ces populations dans la société grecque. En effet, c’est les moyens donnés aux réfugiés en matière de droits fondamentaux comme l’accès à l’éducation, aux services sociaux, à la santé ou encore à la protection de l’enfance qui sera déterminant. Tant que ces services de base ne seront pas garantis, l’intégration restera une illusion.
 
Un mois après la mise en œuvre des nouvelles politiques de migration en Europe, particulièrement en Grèce, le SIF a été en capacité d’intervenir sur la situation actuelle des personnes dans le besoin. Les camps, à l’origine destinés à opérer un transit rapide, ne sont pas en mesure d’assurer la réponse aux besoins de la population pour une période prolongée.
 
Notre mission exploratoire sur le terrain a montré que de manière générale, les réponses apportées par les acteurs humanitaires s’articulaient autour de la fourniture en besoins de base, tels que des constructions d’abris, des distributions de nourriture ou des installations sanitaires. Cependant, il existe une grande divergence en ce qui concerne le respect des standards humanitaires, puisque la qualité et la quantité des services fournis varient d’un site à l’autre. Au vu des observations directes et des discussions que l’on a pu avoir avec les différents acteurs sur place et les réfugiés/migrants, il est apparu que la protection des services pour les femmes et les enfants, l’éducation informelle (les opportunités d’apprendre de manière récréative), ainsi que les services apportés aux personnes ayant des besoins particuliers, sont limités ou manquent.
 
Après examen de l’étendue des besoins humanitaires actuels en Grèce, nous allons intensifier notre intervention dans le cadre de la régionalisation de nos activités en faveur des réfugiés. Concrètement, cela veut dire que nous allons permettre aux plus vulnérables, c’est-à-dire les enfants et les adolescents, d’accéder à une forme d’éducation informelle. En effet, ils souffrent actuellement d’une extrême vulnérabilité qui les expose directement à une détérioration de leur état physique et de leur santé mentale dû à la violence, voire aux traumatismes, des situations qu’ils ont vécues dans leur pays d’origine mais également durant leur trajet forcé. La séparation avec leurs familles, le besoin d’un environnement protégé et l’interruption de leur éducation exacerbe leur vulnérabilité.
 
Les populations réfugiées d’aujourd’hui s’inscrivent dans l’héritage d’une génération perdue qui manque d’éducation, de perspectives économiques et de participation dans la vie politique. En tant qu’ONG humanitaire le SIF contribuera en Grèce comme ailleurs à améliorer les conditions de vie des réfugiés et promouvoir les droits fondamentaux de la Convention relatives aux droits de l’enfant : le droit de l’enfant à jouer, l'identité, la santé, la participation à l'éducation et à la protection.
 
Mais l’aide humanitaire est uniquement une réponse aux besoins humanitaires, non pas sa solution. Les décideurs politiques doivent se pencher sur les conflits — principale raison des exils —, investir dans la prévention de ces derniers et empêcher les échecs politiques, économiques et de développement qui pourraient être extrêmement violents.
Les Etats ont aussi la responsabilité de soutenir les actions humanitaires, pas seulement par le biais d’une aide financière mais en fournissant une habilitation à opérer dans l’environnement en question, en promouvant et adhérant aux conventions internationales qui définissent les droits des réfugiés mais aussi ceux des personnes vulnérables dans les zones de conflit, dans les zones de déplacement ou dans l’Union européenne.
 

 

Urgence refugies/Migrants

 

ACCOMPAGNEMENT PSYCHOSOCIAL : Soulager leur quotidien

 
Depuis la fin d’automne 2015, le SIF est présent en Macédoine pour venir en aide aux réfugiés qui tentent de rejoindre les pays de l’ouest et du nord de l’Europe. Dans les centres de transit de Tabanovce, au nord du pays, et de Gevgelija, au sud, nous menons un projet d’accompagnement psychosocial envers ces personnes déplacées.

Nos actions se concentrent principalement sur des activités sportives, ludiques et récréatives. Le but est d’atténuer les souffrances psychologiques des réfugiés, d’apaiser les tensions au sein du centre, de créer du lien afin de remédier aux violences régulières. 6 tables de ping-pong sont installées à l’extérieur du centre de Tabanovce pour pallier l’ennui. Les hommes, raquettes en mains, viennent s’y échanger des balles, histoire de décompresser de leur stress quotidien. Des matchs comme il se doit, sous les yeux de spectateurs qui encouragent, filment, esquissent des sourires. On ramène les enfants en enfance en enfilant des costumes de personnages de dessins animés. Pour réapprendre à jouer et oublier un peu de leur réalité
Pour les femmes, nous avons mis en place un atelier de beauté auquel presque toutes participent ! La charge de cet atelier a été confiée à une femme syrienne, afin qu’elle reprenne confiance suite à son hospitalisation pour les violences dont elle a été victime. Là est le sens de ce projet : reprendre confiance et garder l’espoir.
 

 

en macédoine, bloqués de toutes parts

 
Morag, arrivée en Macédoine, coordonne les programmes SIF et revient sur son évaluation de la situation dans le camp de transit de Tabanovce (nors de la Macédoine), où une population de plus de 700 Afghans se trouvent bloqués, depuis qu'un changement de règles interdit les ressortissants afghans de transiter par les pays Balkans pour atteindre les pays de l’espace Schengen:  
 
Nous avons rejoint le camp et échangé avec les réfugiés qui s’y trouvent. Nous étions préoccupés par leur régime alimentaire (le fait qu’ils mangent les mêmes repas froids depuis tant de jours), les structures sanitaires inadéquates et les conditions de surpeuplement. Autant d’éléments qui augmentent leur stress psychologique, impactent de manière négative leur systèmes immunitaire. Nous étions inquiets et le sommes toujours, tant les risques d’épidémies d’une maladie contagieuse sont grands.

Nous avons donc suggéré à notre partenaire Legis de distribuer des repas chauds, de la lessive, des seaux et des brosses, du gel antibactérien, des serviettes mais aussi des ballons de football et de volleyball pour les enfants. La distribution a été faite dès le lendemain et nous avons aussi pu servir des repas chauds à 730 personnes en à peine 24h. Certaines personnes nous ont confié qu’il s’agissait de leur premier repas à base de viande en 20 jours. L’idée de la lessive et des seaux, je la dois à une conversation que j’ai eue avec une femme afghane qui m’avait confié devoir laver ses vêtements avec du shampoing car c’est tout ce qu’elle avait.

Depuis le 19 février, les Afghans sont toujours bloqués à l'intérieur du camp de transit, sans le moindre espoir de rejoindre leur famille déjà arrivées en Europe. Ils ne peuvent pas poursuivre vers le nord mais ils ne peuvent pas non plus retourner en Grèce.

Depuis, 13 780  repas chauds ont été servis dans le camp de transit Tabanovce, un « No Man’s Land » entre la Macédoine et la Serbie. Quand la route des Balkans a été fermée le 8 mars, un groupe de 427 Syriens et Iraquiens ont été bloqués à la frontière. Pendant plus d’une semaine, ils ont vécu dans la boue, sous la pluie. SIF et notre partenaire Legis étaient là, avec des repas chauds, des kits d’hygiène, des bottes et manteaux d’hiver … nous étions là en tant qu’humanitaires mais surtout en tant qu’humains, témoins de cette situation dramatique.
 
 
 

Urgence Migrants 2016

 

800 Afghans sont bloqués à la frontière serbe

 

L’équipe Urgences envoie l’alerte :

 
Après toutes les péripéties auxquelles ils ont fait face pendant leur voyage vers la paix, environ 800 Afghans se retrouvent bloqués à Tabanovce (centre de transit au nord de la Macédoine). La raison ? Ils n’ont pas été autorisés à entrer en Serbie.  Un nouvel accord discuté au niveau européen autorise le  passage vers la route des Balkans aux nationalités suivantes exclusivement : les personnes d’origine iraquienne et syrienne.
Nous avons appris que leurs conditions nutritionnelles étaient préoccupantes et leurs conditions d’hygiène dégradées. Sans oublier l’état de stress et de désolation dans lequel vivent ces personnes à qui l’on bloque l’accès en raison de leur nationalité. Tabanovce est un petit centre de transit, pas du tout adapté à l’accueil des personnes et les ONG locales ne sont pas préparées à cette urgence.
 
Notre action prend forme par la distribution immédiate d’un repas par jour sur 3 jours pour les 800 personnes mais aussi de kits d’hygiène indispensables. L’évaluation de leurs besoins continue.
 
 
Urgence Migrants Balkans - Secours Islamique France
 
 

SOLIDARITE REFUGIES BALKANS 

 

Des chaussures pour continuer la route

22 novembre 2015: ”Il a plu aujourd’hui. Grâce au SIF, nous avions des manteaux. Il ne nous en reste presque plus. Je vous demande d’en commander de nouveaux. Nous avons besoin aussi de chaussures pour hommes taille 42 et 43 et des chaussures pour femmes taille 39 et 40. »
Voilà ce que nous demande Simon, en charge de notre mission Solidarité Balkans. En septembre, une équipe SIF a été envoyée dans les Balkans (Macédoine et Serbie) afin d’évaluer la situation des réfugiés qui quittaient la Grèce pour se rendre vers l’Allemagne. Des familles, des personnes qui ont quitté leur foyer et pris la route pour fuir les conflits.
 
Qui dit route, dit chaussures. Cela semble banal, presque anodin voire anecdotique. Mais sans chaussures, les familles qui ont quitté l’Irak, la Syrie, l’Afghanistan, l'Erythrée, le Pakistan, ont du mal à avancer dans leur quête d’une vie digne et sûre. Nous le voyons lors de nos enquêtes terrain, après des centaines de kilomètres parcourus à pied, la recherche de chaussures à la bonne taille relève de la quête du Graal.
En partenariat avec l’ONG locale Legis, , nous avons pu soulager cette recherche pour des femmes, des hommes et des enfants aux pieds fatigués, meurtris à marcher plusieurs jours voire des mois sur la route. Distribuer ces chaussures et ces chaussettes propres, c’est leur offrir une pause bien méritée dans leur chemin.
 
Cela se passe à Skopjie, dernier lieu de transit au nord de la Macédoine, menant vers la Serbie.
 
Urgence Migrants - Réfugiés
 
 
1 octobre, Tabanovtsé, Macédoine :
dernière localité avant le passage vers la Serbie. Les réfugiés arrivent directement du sud de la Macédoine (Guevgueliya) par train, transport organisé par les autorités. Puis ils doivent marcher une dizaine de minutes pour rejoindre la frontière avec la Serbie. Le prochain poste d’enregistrement est Presevo (Serbie) 
 
5 octobre, Presevo, Serbie :
poste d’enregistrement à l’entrée de la Serbie. L’attente peut être très longue (plusieurs heures à plusieurs jours) pour obtenir le papier permettant de circuler librement dans le pays. La plupart des réfugiés prennent directement le bus pour la frontière avec la Croatie (Sid)
 
9 octobre, Berkasovo, Serbie :
la plupart des réfugiés arrivent directement par bus du sud de la Serbie (de Presevo), d’autres par train. Principal point d’entrée vers la Croatie où ils sont pris en charge par les autorités pour les transporter par bus vers le seul poste officiel d’enregistrement en Croatie, Opatovac. 
 
 
Urgence Réfugiés - Migrants 02
 
Urgence Réfugiés - Migrants 03
 
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Urgence Réfugiés - Migrants 03