JOURNÉE INTERNATIONALE POUR LA REDUCTION DES RISQUES DE CATASTROPHE

L’impact du réchauffement climatique sur les populations vulnérables

 Le SIF est intervenu à l’événement « Un monde de l’eau à +4°C » le 12 octobre 2020, la veille de la Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophe. Cet événement, organisé par  le Centre nationale d’études spatiales (CNES), Initiatives pour l'Avenir des Grands Fleuves (IAGF) et le Partenariat Français pour l’Eau (PFE) visait à alerter sur la menace que représente le changement climatique sur la ressource en eau et à présenter des solutions pratiques issues d’expériences institutionnelle, technologique, économique ou sociale liée à l’eau.

Le Partenariat Français pour l’Eau a diffusé une vidéo basée sur la modélisation des scenarios élaborés par les scientifiques, primée trophée d’argent au Festival Deauville Green Awards en 2018. Elle tire le signal d’alarme sur l’impact du changement climatique sur les ressources en eau (sécheresses, inondations, montée du niveau marin, cyclones, tempêtes, etc.) et ses effets sur la sécurité environnementale, sanitaire, et sur les droits humains.

Le réchauffement climatique provoquera en effet, à long terme, des évènements climatiques extrêmes répétés et de plus en plus violents (sécheresses, inondations, montée du niveau marin, cyclones, tempêtes, etc.) qui mettront en danger nos modes de vie et aggravera les inégalités : augmentation des épidémies, stress hydrique, salinisation des sols empêchant l’agriculture, déplacements forcés de populations, conflits… Le dérèglement climatique appelle ainsi à des efforts sans précédent de la communauté internationale, des acteurs du secteur de l’eau et des citoyens à tous les niveaux. Cela est d’autant plus urgent car il s’agit d’un enjeu de paix indéniable : avec la croissance démographique, l’urbanisation galopante, la demande en eau est de plus en plus importante et créent des tensions autour d’une ressource déjà surexploitée. 

Le Secours Islamique France a interpellé les participants sur l’impact humanitaire du changement climatique sur les ressources en eau. En 2019, 25 millions de personnes se sont déplacées à cause des catastrophes (IDMC), contraintes de quitter leur foyer et leurs moyens d’existence.

Les plus vulnérables sont particulièrement impactés car ils n’ont pas les moyens de s’adapter au changement climatique : sans accès à l’information climatique, ils sont déjà extrêmement vulnérables à cause de facteurs préexistants, comme la pauvreté, les conflits, et surtout l’absence de service de base comme l’accès aux services d’eau et d’assainissement. Rappelons qu’encore aujourd’hui 30% de la population mondiale n’a toujours pas accès à l’eau potable au domicile. 55% de la population n’a pas accès à des toilettes adaptées. Sans même parler de la covid19, ce manque d’accès aux services provoque déjà le décès de 2,6 millions de personnes par an à  cause des maladies comme le choléra, les diarrhées, la typhoïde.

Comment faire en sorte sur le long terme, que les communautés renforcent leur résilience ; mais aussi, comment dans l’urgence, répondre à leurs besoins vitaux, dont celui de l’accès à l’eau ? 

En cette Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophe, le SIF souhaite rappeler l’importance d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Paris, que les Etats rehaussent urgemment leurs ambitions. Le SIF constate qu’il est aussi essentiel de mieux connecter la décision politique avec les connaissances scientifiques, et d’associer davantage la société civile aux processus de décision. Il nous apparait aussi primordial de renforcer la gouvernance mondiale de l’eau, pour défendre et promouvoir la réalisation des droits humains à l’eau et à l’assainissement, défendre le principe de l’eau « bien commun » et de prévenir les conflits d’usage autour de la ressource.

Retrouver l’enregistrement de l’événement en cliquant ici.