Palestine. Reconstruisons-La

Gaza : journée festive pour les enfants !

Nous vous avions sollicités pour soutenir et participer à notre campagne de réhabilitation de 27 écoles de Gaza. Vous avez répondu à l'appel tout comme nos partenaires le Centre de Crise du Ministère des Affaires Etrangères - qui avait auparavant  financé la distribution de kits d’urgence - mais aussi le département Loire Atlantique, la ville de Bondy, la ville d’Annemasse, la ville de Saint-Nazaire, la ville de Besançon, la ville de Grenoble, l’association Coup de Soleil qui ont participé au financement de ces réhabilitations que le Secours Islamique France vient de terminer.
 
Nous avons pu aider 27 jardins d’enfants à revoir la lumière après l’obscurité des débris. Et redonner joie et sourires aux 5 419 enfants en organisant des journées festives animées par des clowns, du théâtre, des danses et des chansons. N'oublions pas que ce projet a aussi contribué à dynamiser l’économie locale en embauchant des animateurs, des ouvriers et à donner du travail aux commerçants et prestataires de Gaza.

« Après la guerre, mon fils a peur de tout mais la réparation de son école et les activités festives du SIF lui font plaisir! » a témoigné une maman à la fin de la journée. 

Gaza : Qu’en est-il des réhabilitations ? TEMOIGNAGES

 

Na'eim et Nour

 
Na’eim et Nour, deux enfants d’une famille de sept personnes vivent à Dair Al Balah. Ils ont perdu leur père il y a quelques années et ils sont pris en charge par le Secours Islamique France. Ils vivent une situation délicate, les scènes de la guerre sont toujours présentes, la destruction est partout dans la maison ; les chambres, le séjour, la cuisine et les toilettes aussi.
 
Pas de réparation pour le moment : les fenêtres et les portes sont toujours cassées. D’un bout de tissu, la mère a recouvert la fenêtre de la chambre où dorment ses six enfants surtout que l’hiver a été très dur cette année. Elle fait tout pour protéger ses enfants des eaux de pluie qui entrent de toutes parts dans la maison.

« Un matin leur frère Ahmed s’est réveillé en criant « Maman ! Je sens de l'eau sur mon dos ! », nous raconte la mère les larmes aux yeux.
Nour et Na’eim ont souvent mal au ventre et vomissent à cause du froid. Les enfants ont peur de tout après ce qu’ils ont vécu pendant les attaques à Gaza. Ils ne dorment pas bien la nuit, les cauchemars persistent. Vivant dans une région frontalière, la famille est constamment exposée au danger. Tous les jours.

« Il y a quelques minutes, on a entendu un coup de feu », raconte la mère.
Elle est impuissante face à la souffrance de ses enfants et face à cette situation qui ne s’améliore jamais.

« La vie ou la mort, cela nous est égale » dit la mère avec beaucoup de tristesse.
Elle ne souhaite qu’une seule chose : que ses enfants vivent, dans la dignité, dans une maison juste «habitable ».
 
 

Fady

Fady est un enfant de Al Tefl Al Sa’id, un des jardins d’enfants à Gaza qui a profité du projet de réhabilitation.
 
La directrice de ce jardin d’enfants réagit à cette chance que le jardin d’enfants a de pouvoir renaître :
« Ce projet nous a aidé à travailler de nouveau dans de bonnes conditions pour les élèves ainsi que pour l’équipe du jardin d’enfants » dit-elle.
Jusqu’à présent Fady et sa famille subissent les effets de la guerre qui est effectivement terminée il y a six mois, mais les dégâts dans leur maison n’ont pas encore été réparés. La souffrance continue. D’énormes trous dans les murs, de grosses fissures sur le toit, des fenêtres et portes cassées, du mobilier brulé… bref une maison « inhabitable » selon les architectes du Ministère du Logement  qui ont évalué l’état de la maison. Mais parce qu’elle n’a pas d’autre choix,  la famille a été obligée de continuer à vivre dans cette maison malgré le danger énorme qui menace la vie de ses membres.
« J’ai peur quand Fady touche un mur, je me dis que ça peut tomber et mettre fin à la vie de mon petit » dit Om Fady, la mère de l’enfant.
L’hiver chez cette famille est une autre épreuve.  Quelques morceaux de tissu couvrent certaines fenêtres cassées et quelques trous aux murs.
« On dirait qu’on vit dans la rue, les murs pleins de trous ne nous protègent ni du froid ni de la pluie » se plaint Om Fady.
Les enfants de la famille sont souvent malades, la toux ne les quitte pas et à cause des débris restés autour de la maison, les moustiques et les maladies de peau pullulent dans la région.
« On ne sait pas ce qu’on va faire en été s’il n’y a pas de reconstruction » dit Om Fady.
Malgré le blocus et les difficultés à faire entrer le matériel de construction dans Gaza, cette famille comme beaucoup d’autres n’a qu’un seul espoir : réparer sa maison et vivre en sécurité. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Il y a encore quelques mois, les Palestiniens faisaient face aux bombardements qui ont duré près de 50 jours. Le bilan est très lourd : 2 143 morts, 1/3 de la population déplacée et des milliers de maisons endommagées ou complètement détruites. (1)
Les enfants n’ont pas échappé à ces violences. Le bruit assourdissant des bombes, la durabilité du conflit et surtout la crainte de perdre un être cher sont vécus comme un traumatisme.
Ce sont 500 000 enfants qui, en début d’année, n’ont pas pu assister au premier jour de classe étant ainsi privés du droit le plus élémentaire : l’accès à l’éducation. (2)
 

 
 
 
"Honorez vos enfants en accordant beaucoup d’attention à leur éducation." Hadith
 
Afin de garantir un avenir meilleur aux enfants, il est essentiel de rénover les établissements scolaires. 25 des 37 écoles maternelles intégrées dans le programme nutrition du Secours Islamique France ont été sévèrement détériorées et deux entièrement démolies.
 
Le blocus rend la reconstruction très difficile mais pour accompagner ces enfants traumatisés et leur permettre de se reconstruire, le Secours Islamique France met en place un large programme : réhabilitation d’écoles maternelles, rénovations des maisons, et d’autres projets d’accès à l’eau et à l’assainissement.
 
Ensemble mobilisons-nous pour permettre aux Palestiniens de se relever et de vivre dignement !

(1) (2) : Sources OCHA et UNICEF

 

 

 

 

 

Important : le SIF se focalise sur les écoles pouvant être réhabilitées grâce à la disponibilité de produits sur le marché local. Les écoles complètement détruites qui nécessitent du matériel de construction n’ont pas été retenues dans le projet pour le moment.
 
Remarque : l’ensemble des dons collectés dans le Fonds Palestine serviront aux projets à Gaza et en Cisjordanie