Adel Kaddum, Chef de mission à Gaza
 
 

« Le SIF ne peut pas résoudre le problème de l’eau à Gaza mais il peut continuer à restreindre les risques encourus ».

 
ENTRETIEN AVEC ADEL KADDUM, CHEF DE MISSION À GAZA  
 

Adel Kaddum, Chef de mission à Gaza

En 2012, l’ONU sonnait l’alarme : Gaza deviendrait inhabitable en 2020, si aucune tendance n'était inversée ! Or, les conditions de vie dans la bande de Gaza ont continué de se détériorer. Le blocus imposé par Israël à l’enclave du Territoire Palestinien en 2007 empêche la circulation des personnes et des marchandises. Les restrictions sur les matériaux de construction entravent la reconstruction. Asphyxiée, la population est largement dépendante de l’aide humanitaire. Les foyers ne sont alimentés en eau que 3 à 4 heures par jour. La pollution de l’eau - 96% est impropre à la consommation- engendre des risques sanitaires.
 

Actions du SIF à Gaza

Présent à Gaza depuis 2008, le SIF y conduit de multiples projets de développement : réhabilitation d’habitations et de maisons d’orphelins, assainissement de l’eau, sécurité alimentaire. Depuis 2017, la mission SIF soutient aussi la production d’agriculteurs et de petits éleveurs. Elle dispose d’un stock d’urgence mobilisable en cas de crise.
 

 

Entretien
 
 
 
La situation à Gaza s’est détériorée. 47% de la population souffre d’insécurité alimentaire.
 

Situation à Gaza

La « prison à ciel ouvert » de Gaza est l’un des endroits les plus peuplés au monde. Une grande partie des personnes actives sont employées par les organisations internationales et les ONG. Le taux de chômage atteint jusqu’à 65%, 47% de la population souffre d’insécurité alimentaire. Reconstruire les habitations détruites en 2014 est une priorité, en particulier pour protéger les enfants…
 
 
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Face à la rareté de l’eau, le SIF équipe des foyers vulnérables de Gaza en réservoirs d’eau.
 

Pénuries d’électricité et d’eau

En 2018, les Gazaouis ne disposent d’électricité que 3 heures par jour. Les pénuries ont un impact sur la vie quotidienne, l’économie, les hôpitaux. Elles sont aussi la cause de l’arrêt des centrales d’épuration d’eau, engendrant la contamination des nappes phréatiques et des rivages. 95% de l’eau est polluée, selon l’OMS…
 
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95% de l’eau est polluée. Le SIF distribue de l’eau potable à Gaza.
 

Projets eau du SIF à Gaza

Le SIF conduit des projets d’assainissement de l’eau, connecte les foyers aux réseaux d’évacuation et les sensibilise à une bonne gestion des eaux. Nous distribuons aussi de l’eau potable pour faire face aux conséquences des opérations militaires à Gaza…
 
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Le SIF poursuit la réhabilitation des habitations à Gaza.
 

Réhabiliter les habitations en dépit du blocus

Le blocus imposé depuis 10 ans par les autorités israéliennes entrave la reconstruction et paralyse tout développement économique. Il constitue également un défi pour les ONG, les importations de matériaux étant soumises à de fortes restrictions. Le SIF poursuit néanmoins la réhabilitation d’habitations pour que les Gazaouis vivent dans des conditions décentes…
 
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Pour garantir une sécurité alimentaire durable, le SIF soutient la culture de légumes à haute valeur nutritive peu consommateurs en eau.
 

Sécurité alimentaire et soutien agricole

En 2018, le SIF met sur pied un projet de soutien à de petits agriculteurs et éleveurs en partenariat avec l’université de Al-Azhar. Il s’agit de développer la culture de trois légumes à haute valeur nutritive et peu consommateurs en eau : la betterave, le brocoli et le céleri. Les éleveurs bénéficieront quant à eux d’une formation et de l’équipement pour augmenter leur production laitière et produire des fromages. Le SIF achètera une partie de la production pour en faire bénéficier des familles vulnérables…
 
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Pour faire face aux pénuries d’eau, le SIF conduit des projets d’assainissement et de sensibilisation à l’hygiène
 

Présence du SIF

Le SIF compte 35 employés à Gaza. Il dispose d’un stock d’urgence pour 1 100 familles (couvertures, kits d’hygiène et de cuisine) distribuables en quelques heures en cas d’urgence. La réduction de l’aide américaine au budget de l’UNRWA (Office des Nations unies pour les réfugiés de Palestine) va générer de graves difficultés. Un tiers des services aux réfugiés pourraient être coupés. Selon la banque mondiale, 85% de la population est dépendante de l’aide humanitaire...
 
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