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Interview avec Mohamed El Ouardi de Banda Aceh

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Depuis un mois, Mohammed El Ouardi, chargé de mission au SI France,  est à Banda Aceh en  Indonésie pour superviser le travail du SI.

Comment vivez-vous au quotidien avec les rescapés ?
La vie reprend tout doucement. Tout est à reconstruire. On ressent une grande détresse car les rescapés vivent toujours sous les tentes. D’autres vivent dans des baraques : une pièce de 12 m2 pour toute une famille. Il y a aussi ceux qui ont préféré installer des tentes sur la dalle de leur ancienne maison. Il faut aussi souligner que le niveau de vie des habitants de la région était déjà très faible avant le tsunami.

Combien de régions avez-vous visitées ?
 J’ai visité les régions de Aceh Barat (Meulaboh), Sigli, Bureuen, , Aceh Besar (Banda Aceh) et Aceh Jayah .

 Quelles sont les actions humanitaires menées par le SI à ce jour ?
 Le travail du SI se concentre autour de six axes : l’eau et l’assainissement, la santé, les activités économiques, la prise en charge d’orphelins et l’éducation.
Actuellement, il y a cinq cliniques en cours de construction : une clinique permanente et quatre semi permanentes pour les personnes vivant dans les baraques.
Nous continuons à distribuer des tentes ce qui prouve que les rescapés vivent toujours dans une situation précaire. Le manque d’eau potable reste un problème majeur. le SI a financé le creusement d’un puit afin de pallier ce manque dans le camp de Lam-ujong. En attendant, nous distribuons quotidiennement de l’eau dans les camps à l’aide de quatre camions-citernes, dont un d’une capacité de 15000 litres et trois autres de 5000 litres chacun.
D’autre part, le Secours Islamique est en train de construire, en partenariat avec l’université de SYIAH KUALA située à Darussalam Banda Aceh, 120 a 150 maisons pour les membres du corps enseignant victimes du tsunami. Le terrain est fourni par l’université et le coût de chaque maison est d’environ 3000€ .
En ce qui concerne les enfants, un programme de parrainage à été lancé. A ce jour, nous avons pris en charge 300 orphelins environ. 
 

M. EL OUARDI, présentant le projet de clinique du Secours Islamique à M. Muselier, secrétaire d'état aux affaires étrangères.


Comment avez-vous réagi au dernier séisme qui a eu lieu lundi 28 mars, quelle a été la réaction du SI ?
 La secousse s’est produite à 23h20. Un quart d’heure après, nous avions commencé la distribution d’eau et de biscuits. Cependant, nous n’avions pas pu nous déplacer dans les régions touchées par le séisme car il n’y avait pas de moyens de transport ; Seuls les hélicoptères de l’ONU transportant des produits de première nécessité et des spécialistes de l’urgence ont pu se rendre sur l’île sinistrée pour répondre à des besoins spécifiques.

 Quels sont les projets du SI pour l’avenir ?
 Les projets à l’étude ciblent les activités générant des ressources, en ce qui concerne le secteur de la pêche. Par exemple, nous prévoyons l’achat de bateaux de pêche et de leurs équipements.

 Quels sont les vrais problèmes auxquels sont confrontés les acteurs de l’humanitaire sur place?
 Le problème majeur des humanitaires reste l’accès difficile aux rescapés dans les régions éloignées ainsi que le manque de terrain viabilisé pour construire des maisons.

 Quels sont les partenaires  du SI en Indonésie ?
 L’association Plan International, l’Unicef, le Ministère de la santé ainsi que le Ministère de l’éducation et du travail pour les projets d’acheminement et de distribution d’eau potable et la réhabilitation des écoles. Nous travaillons aussi avec d’autres partenaires comme FNUAP, CARE et le Croissant Rouge Indonésien.
     

        

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Distribution nocturne lors de la réplique du 28 mars 2005

 

 

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